Éditorial : Le regard de l’avenir

Deux associations, espagnole et marocaine, ont réalisé en binôme une étude sur la perception du Marocain de l’Espagne. Il s’agit sans conteste d’une bonne contribution à verser dans le dossier des relations maroco-espagnoles.
Les résultats de cette enquête de terrain qui a concerné un certain nombre de villes marocaines sont édifiants. L’image de l’Espagne auprès de la population du Royaume n’est pas aussi négative que l’on pouvait le penser. Elle est même positive à plus de 60%. Ceci montre que les peuples des deux pays se connaissent assez bien et s’apprécient. Une bonne partie des sondés a eu l’occasion de visiter l’Espagne soit dans un cadre touristique ou de missions d’affaires. Ce qui démontre une fois de plus le rôle essentiel des voyages dans la compréhension et la communication avec l’autre. Reste à connaître la manière dont les Espagnols perçoivent le Maroc et les Marocains pour savoir si ces derniers ont toujours ce statut de “moros“ dans l’imaginaire ibérique, ces individus dangereux qui n’attendent que la première occasion pour déferler comme un Tsunami ravageur sur leur voisin du nord. Les clandestins qui traversent le Détroit à bord de pateras au risque de leur vie sont poussés dans cette entreprise dangereuse par la force du désespoir et la volonté farouche de trouver une situation décente. Il ne faut pas que ce drame humain poignant soit instrumentalisé de l’autre côté pour nourrir et entretenir la méfiance envers l’autre.   
En fait, c’est ce genre de préjugés et de clichés réducteurs que les deux pays liés par une Histoire commune doivent dépasser aujourd’hui pour mieux construire l’avenir sur des bases saines et solides. Aux responsables politiques des deux rives d’imaginer et d’explorer les voies en vue d’aller plus loin dans la compréhension mutuelle en veillant à la protéger des vicissitudes politiques comme celles de l’ère Aznar. Une ère qui portait en elle les germes de la destruction des rapports de bon voisinage et qui a failli tourner à l’affrontement militaire avec l’épisode de l’invasion de l’îlot marocain de Leïla.
Ce sont des épisodes de ce genre, qui marquent négativement l’imaginaire d’un peuple, que l’on ne veut plus se voir répéter. L’enjeu capital pour l’un comme pour l’autre partenaire est d’œuvrer, maintenant que l’entente bilatérale est parfaite, pour immuniser durablement, au-delà des changements de majorité, leurs relations contre les attitudes belliqueuses et les réflexes du passé. Ici, il y a un champ immense à explorer par les hommes politiques et la société civile des deux pays en faisant prévaloir essentiellement la coopération qui cimente réellement la compréhension et les initiatives qui favorisent le rapprochement. Les peuples sont formidables. Rien ne leur fait plaisir que de pouvoir vivre en bonne intelligence et dans le bien-être total. Ce sont les discours tendancieux des dirigeants mâtinés de démagogie qui conditionnent souvent leur mode de pensée.

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