Éditorial : Le RNI humilié

Première et principale victime du léger coup de lifting donné au cabinet Jettou, le RNI d’Ahmed Osman. En effet, ce remaniement technique a porté au coeur du parti un risque sérieux d’éclatement après l’accès à la ministrabilité de trois nouveaux ministres étiquetés RNI mais qui n’ont rien à voir avec le parti. C’est peu dire que les militants, les membres du Bureau exécutif et les parlementaires du Rassemblement sont mécontents. C’est la colère qui gronde depuis l’annonce officielle de la composition du cabinet Jettou II.
Ils en veulent énormément à leur chef d’avoir donné son onction à ce qu’ils considèrent comme une grande gifle au parti, à ses hommes et à son histoire. Une humiliation. En venir à adouber des gens de l’extérieur signifie que le parti ne possède pas de cadres ministrables. Chose que les intéressés réfutent avec véhémence. Pour le moment, les députés et les conseillers enchaînent réunions sur réunions pour se mettre d’accord sur une position commune. D’ores et déjà, certains qui en tiennent rigueur à Driss Jettou menacent en guise de représailles de voter contre les projets de loi du gouvernement. Se couper du soutien d’un parti important de la majorité qui compte 40 députés pourrait fortement perturber la mécanique gouvernementale.
Paradoxale situation que celle du RNI. Voilà un parti qui est une belle machine à égrener les suffrages dont l’engrenage est bien huilé par la force et la notoriété des notabilités locales. Mais dès qu’il s’agit de fournir des candidats à des postes de responsabilité, c’est le psychodrame dans les instances du parti. Lors de la formation du gouvernement Jettou en novembre 2002, le choix des ministrables proposés ne respectait pas l’équilibre régional. En effet, les Aujjar, Zerouali, Tay Tay et autres Rhafès, furent vertement contestés étant donné que tous, excepté Zerouali originaire, lui de Fès, sont issus de l’Oriental dont est issu le président. Il a fallu alors l’intervention du Premier ministre pour calmer les esprits et éviter des fissures dans sa toute fraîche majorité. Le même Premier ministre doit aujourd’hui encore prendre sur lui-même pour s’assurer la paix politique sous la coupole.
En fait, le RNI d’Ahmed Osman donne de plus en plus le sentiment d’être l’homme malade et résigné des partis de la majorité. Tout se passe comme si le président flamboyant et charismatique d’hier a cédé la place à un autre personnage, épuisé et résigné, qui n’a plus la force de se bagarrer et qui avale tout sans moufeter. Les héros sont fatigués. Est-ce le poids des années ou celui de l’air du temps ? Une chose est sûre : Cette situation n’honore pas l’intéressé et ne le grandit pas aux yeux des siens. Pour assurer sa pérennité, le RNI a besoin plus que jamais d’un aggiornamento et d’une profonde remise en cause. C’est une formation, en crise de leadership, appelée aujourd’hui à prendre son destin en main en se donnant un nouveau cap.

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