Éditorial : Le sens de l’Histoire

Les conditions sont aujourd’hui réunies pour que le Maroc règle le conflit factice de son Sahara. Plus qu’hier, il a les toutes les cartes en main pour que la logique l’emporte. Celle de la solution politique, à savoir l’autonomie sous souveraineté marocaine. C’est cette formule qui représente le bon sens car elle épouse la trajectoire de l’Histoire.
Tout en subordonnant sa mise en oeuvre sur le terrain à un dialogue politique entre Rabat et Alger, les puissances sont convaincues plus que jamais, après un jeu de duplicité de certaines d’entre elles, qu’il n’y a pas d’autre option en dehors de celle-là car elle est la seule à garantir la stabilité dans la région et à assurer sa prospérité future.
Le polisario, qui apparaît de plus en plus comme une bande de mercenaires aux abois, est en train d’être rangé dans le musée des histoires absurdes.
L’Algérie est invitée à son tour à s’inscrire pleinement dans ce nouveau contexte en signant avec son voisin marocain une entente des braves sur l’avenir de la région qui a souffert pendant plus de deux décennies d’une affaire créée de toutes pièces et qu’il est temps aujourd’hui de démanteler. Ce jeu trouble n’a que trop duré. Une grosse mascarade qui ne trompe personne. L’espoir est grand qu’un Bouteflika II, tourné vers le futur et le partenariat, est sorti des urnes pour un second mandat lors des législatives du 8 avril dernier.
Un Bouteflika en phase avec son propos du 5 octobre 1963 à Oujda (sa ville natale) : “ le peuple algérien n’a pas oublié l’attitude du Maroc lors de la guerre d’Algérie. Chaque Algérien se considère au Maroc comme chez lui, tout comme chaque Marocain est chez lui en Algérie“ (déclaration extraite du livre de l’ex-gouverneur marocain Mohammed Maâzouzi, Un demi-siècle pour l’intégrité territoriale). En général, ce sont ceux qui font la guerre qui signent ensuite la paix.
Le président algérien est bien placé aujourd’hui pour savoir que la tension entre Rabat et Alger n’a servi à rien d’utile, sinon à boucher l’horizon de la coopération entre les deux pays qui ont tout à gagner en travaillant ensemble et à retarder la mise en oeuvre de l’Union du Maghreb arabe (UMA). La guerre d’usure est contre-productive sur toute la ligne.
Il est temps pour que cette région sorte de sa léthargie pour être un vrai marché commun pour l’intérêt de ses peuples. Une solution raisonnable de la question du Sahara de ni vainqueur ni vaincu représente un préalable incontournable à la réalisation de cet idéal. Car il est inconcevable que deux pays puissent coopérer dans un esprit sain et positif alors que l’un est un adversaire déclaré et acharné de l’intégralité territoriale de l’autre.
Cela dit, le Royaume n’acceptera jamais d’être amputé de ses provinces du Sud quel que soit le prix à payer étant entendu que le Maroc a fait une énorme concession en acceptant la solution politique.

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