Éditorial : Le spirituel et le charnel

Les moins jeunes parmi nos lecteurs se rappellent du flux massif des riches citoyens du Golf au Maroc dans les années soixante-dix. Les Saoudiens notamment avec leur réputation de pétrodollars avaient, à l’époque, fait du Maroc leur principale destination. Il s’agit de ces touristes trop argentés qui avaient l’habitude de passer de bons moments dans les clubs et les casinos de Beyrouth avant que le Liban ne sombre dans une longue guerre civile. A l’époque ce tourisme sexuel qui souillait la chair et l’honneur des Marocains avait soulevé un tollé général chez nous jusqu’à provoquer des drames. La misère et la recherche d’une vie meilleure avaient poussé un grand nombre de jeunes filles à tomber dans l’escarcelle de la prostitution bourgeoise. Certaines d’entre elles étaient même bénies par des parents démunis et heureux de baigner dans l’ostentatoire sans se soucier aucunement du qu’en-dira-t-on. Ils se contentaient d’évoquer des fiançailles ou des mariages imaginaires censés masquer les vices de plaisir de cet argent qui leur octroie appartement et voiture. Il faut reconnaître qu’à l’époque les pétrodollars coulaient à flots et les citoyens du Golf en dépensaient énormément. Mais comme le vice finit toujours par provoquer des dégâts directs ou collatéraux, les cheikhs de l’amour interdit ont fini par déguerpir d’un terrain qui leur est devenu très hostile. On croyait que ce mal , qui a longtemps hypothéqué l’image de notre pays, avait disparu . Mais il s’est avéré avec le temps qu’il a tout simplement été délocalisé pour que les filles de joie aillent retrouver leurs amants dans un pèlerinage particulier à La Mecque. Le rituel de la Omra est devenu un alibi solide pour effectuer de multiples déplacements tout au long de l’année vers l’Arabie saoudite sans éveiller les soupçons. Personne n’aurait alors douté de la piété de ces femmes qui voyagent en famille même si leur casier d’amour payant n’était pas vierge. D’aucuns auront rapidement pardonné à ces repenties qui ont retrouvé le bon chemin puisque le bon dieu pardonne toujours les péchés de ses sujets. Mais le pot aux roses a fini par être connu quand les nouvelles venant de La Mecque ont dénoncé les combines des fausses repenties. Les marchands des temples, que l’on retrouve partout dans les lieux de culte du monde, ont envahi les lieux saints pour vendre la débauche, la mendicité et l’affairisme. Cette catégorie de Marocaines qui voyagent, souvent en famille, est certes minoritaire par rapport aux vrais pèlerins qui ne vont que pour rendre louange à Dieu et visiter le tombeau du Prophète Sidna Mohammed. Mais elles font tellement la navette entre le Maroc et l’Arabie saoudite qu’elles sont devenues célèbres dans ce pays et d’autres pays du golf par leur arrogance et excès vestimentaires. À telle enseigne que les femmes saoudiennes et bien d’ autres détestent depuis longtemps les Marocaines qu’elles traitent de voleuses de maris.

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