Éditorial : L’hypocrisie politique

Depuis les dernières élections législatives, la famille du mouvement populaire n’a pas cessé de caresser les plus folles ambitions. Des appétences qu’il faut prendre au sens figuré dans la mesure où la loi du nombre justifie leur gourmandise politique. L’addition des députés du MP, MNP et l’UD donne une position de leader confortable au pôle haraki dans l’hémicycle.
Sauf que cette arithmétique ne pouvait pas prévaloir au moment de la constitution du gouvernement Jettou aux lendemains du 27 septembre. D’abord le décompte de la mouvance ne comportait pas autant de députés qu’aujourd’hui puisque leur nombre s’est agrandi au fil du temps grâce à la magie du nomadisme. À tel point que l’UD n’avait pas été sollicitée pour participer au gouvernement et que le MNP et le MP se sont présentés en rangs dispersés. Et puis, la mouvance populaire unifiée s’est constituée il y a à peine quelques semaines pour prétendre à une représentation gouvernementale et parlementaire conséquente et immédiate. C’est dire qu’il souffle comme un vent de folie chez les lions politiques de l’Atlas. D’autant plus que les rumeurs d’un remaniement ministériel courent comme ces derniers temps aussi rapidement que les noms des éventuels ministrables. Mieux encore plusieurs noms ont été cités pour postuler à la Primature à la place de Jettou comme s’il suffisait de lancer une rumeur pour être désigné. C’est à croire que ces gens de la politique ignorent tout des règles du droit constitutionnel marocain. L’article 24 est pourtant clair puisqu’il stipule que c’est SM le Roi qui nomme le Premier ministre et que par conséquent il n’y a pas de place de candidature à la candidature. C’est pour cela que l’on s’étonne qu’un homme, aussi rompu à la chose politique, puisse mener campagne pour devenir Premier ministre. Hassan Abouyoub , de surcroît ambassadeur, a en effet multiplié des sorties ces derniers temps comme s’il battait campagne. De portrait élogieux dans une certaine presse aux visites de courtoisie à des officiels, Abouyoub avait un agenda bien rempli pour meubler sa visite au Maroc. Certes, il est donné favori mais on n’a jamais vu un politique postuler au poste de Premier ministre par voie de presse. Il est vrai qu’il n’est pas le seul à jouer à ce jeu face à un gouvernement qui brille par ses contrastes politiques et technocratiques. Mais on ne comprend pas cette hérésie politique de personnes qui savent pertinemment qu’en s’affichant de telle sorte , ils annihilent toute chance d’atteindre leur objectif. Pour la bonne raison , et on ne le rappellera jamais assez , que c’est le Souverain qui nomme le Premier ministre et non pas la presse. Il est vrai que tout le monde pense que face à la conjoncture actuelle et aux multiples défis que connaît notre pays, un remaniement serait salutaire, voire indispensable.
D’autant plus que le gouvernement actuel est né dans la douleur avec un cocktail de partis qui se détestent mutuellement. Comme le dit si bien Essaid Ameskane, il faut d’abord définir la notion de la droite et de la gauche pour que le jeu politique soit plus clair.
Tout le monde sait pourtant que l’USFP ne peut jamais cohabiter avec l’Istiqal dans un même gouvernement pour des raisons idéologiques et historiques. Mais l’hypocrisie politique est telle que cette alliance contre nature est allée même se caser dans une alliance virtuelle appelée la Koutla. Cherchez la différence avec la mouvance populaire unifiée.

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