Éditorial : L’UC orpheline

Éditorial : L’UC orpheline

“Nous avons le sentiment que nous ne sommes pas utiles dans la conjoncture actuelle. Il semblerait que le peuple marocain nous a rejetés. Bref nos interlocuteurs prennent un malin plaisir à ajouter de l’humiliation à notre désarroi“. Cette déclaration émane d’un membre important du Bureau politique de l’Union Constitutionnelle (UC). Ce propos en dit long sur l’état d’esprit de ce parti de l’opposition qui traverse manifestement une crise identitaire depuis qu’il a été chassé du temple gouvernemental pour céder la place en 1998 au cabinet d’alternance consensuelle voulue par feu S.M Hassan II. Il n’est pire tourment que celui de se savoir abandonné par ceux-là mêmes qui vont ont créé… Or, les brebis galeuses qui se sont abattues sur ce parti, on l’oublie parfois, ont été parachutées par l’administration elle-même souvent contre les velléités de démocratie interne. Qui a amené des hommes comme Mohamed Kemmou, Abdelmoughit Slimani, Mohamed Zahraoui, Hamza Kettani et d’autres ? Qui a nommé des ministres dans les gouvernements qui se sont succédés depuis les années 80 en faisant fi de l’avis du président charismatique feu Maâti Bouabid ? Au jugé de la situation, l’UC est le seul parti de l’administration qui a souffert le plus des agissements de son géniteur. Le RNI a su visiblement résister mieux aux “assauts“ de l’administration puisqu’il continue malgré les retournements de conjoncture à être cette belle machine à gagner les élections. Le secret de ce maintien, le RNI le doit peut-être à son opération de blanchiment idéologique qui lui a permis de s’adosser à l’alternance et certainement aux notabilités loties en avoir et en pouvoir sur lesquelles le Rassemblement s’est appuyé dans différentes régions du Royaume. L’UC, disent ses dirigeants, n’a pas démérité. Bien au contraire. Elle a géré le pays pendant les années difficiles quand l’ancienne opposition, aujourd’hui aux affaires, était en confrontation avec le pouvoir de l’époque. Il est vrai que l’UC a contribué, tout comme le MP et le RNI, à remplir le vide institutionnel en fournissant des fournées de cadres, de ministres et d’ambassadeurs Des états de services qui méritent mieux que le sort actuel du parti. Mais cela n’excuse nullement l’UC qui a certainement failli dans sa mission de réadaptation politico-idéologique et d’assainissement de ses rangs des symboles d’une certaine impéritie aussi bien locale que nationale. Pour avoir tardé à procéder aux remises en cause nécessaires suite à la disparition de son président fondateur, l’UC a aujourd’hui du mal à exister alors qu’il aurait dû profiter du soleil de l’opposition pour se refaire une nouvelle santé. Rejeté après avoir été adulé, le parti a beau faire bonne figure, il arbore grise mine. Il ne doit compter que sur lui-même s’il veut revenir un jour aux allées du pouvoir. Pour cela, il est appelé à sortir de son attentisme et à dépasser ses frustrations pour s’ériger en alternative sérieuse aux partis qui ont actuellement le vent en poupe.

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