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Éditorial : Manière de procéder

La directrice de l’Agence urbaine de Casablanca(AUC), Fouzia Imensar, dérange beaucoup de partenaires à Casablanca notamment les architectes. Cela ne suffit aucunement pour que la première femme gouverneur du Maroc soit mise sur les bancs des accusés.
Loin de là, mais sa méthode de gestion a tellement bousculé les usages d’antan que beaucoup d’intérêts ont été touchés. C’est dommage que la directrice ne communique pas avec la presse et surtout avec ses partenaires directs comme les architectes. C’est ce que ces derniers lui reprochent en premier lieu, mais outre quelques excès, cette dame semble être un gouverneur rigoureux, voire très têtue dans l’application de la loi. Ce qui n’est pas une tare dans un pays où la loi est souvent contournée par des failles qui semblent être préméditées par le législateur. Sauf que la Dame de fer de l’Agence urbaine devrait tenir compte de l’état d’esprit qui sévit dans la métropole en élaborant des reformes graduelles.
Il ne faut pas quand même que l’application stricte de la loi, puisse devenir un frein à des projets vitaux pour une cité en crise. Ceux notamment qui ont été inaugurés par SM le Roi Mohammed VI ont un caractère prioritaire qui mérite quelques dérogations. D’autant plus que les projets bloqués causent un préjudice énorme aux maîtres d’ouvrages.
Les dettes contractées chez les banques décuplent en agios au fil des jours et des mois. Ce n’est pas bon pour l’investissement qui se trouve plombé par « une façon de procéder » qui gagnerait à être plus positive et moins contraignante. Madame Imansar, aussi gouverneur qu’elle soit, maîtrise bien, selon nos informations, son sujet. Encore faut-il qu’elle se départisse de sa fonction d’autorité pour s’habiller en bonne gestionnaire qu’elle semble être.
Il est vrai que l’Agence urbaine de Casablanca , comme celle de Rabat, dépend du ministère de l’Intérieur et non pas de celui de l’Aménagement du territoire. C’est un legs d’une époque révolue où la mère des ministères s’accaparait tous les dossiers vitaux. Mais aujourd’hui cette exception qui ressemble à une aberration juridique n’a plus raison d’être. Personne ne conteste que le ministre de l’Intérieur dispose peut-être des hauts cadres les plus compétents de notre administration. Nous l’avons constaté de visu lors de la préparation des élections qui ont été menées avec une expertise de techniciens avérés.
Mais il n’est pas indispensable que des gestionnaires de cette trempe ne puissent s’exprimer dans d’autres départements avec plus d’aisance et de souplesse. L’agence urbaine de Casablanca pourrait bien résoudre les multiples problèmes qui entachent l’urbanisation de la métropole sans qu’elle ne soit dépendante du ministère de l’Intérieur. Sa directrice, Madame Imensar, ne perdrait rien de ses compétences si elle réfléchit en gestionnaire et non pas en gouverneur. C’est la manière de procéder qui compte.

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