Éditorial : Mobilisation

La tenue des Assises nationales du tourisme, vendredi dernier à Agadir, sur fond d’une conjoncture internationale très tendue est significative à plus d’un titre. La menace de guerre en Irak suscite une telle inquiétude, partout dans le monde, qu’elle a mis des millions de gens dans la rue, aux quatre coins de la planète, pour dénoncer les visées bellicistes de Washington et réclamer des relations internationales plus pacifistes. Le tourisme dans un pays comme le nôtre est directement concerné par cette actualité.
L’appartenance de notre pays à la communauté arabo-musulmane, objet actuellement de tous les préjugés et de tous les ostracismes, sera lourdement payée en termes de dommages et de pertes économiques dues au manque à gagner, dans le secteur touristique essentiellement, en cas de conflit armé. Une perspective d’autant plus redoutée qu’elle viendrait compliquer une situation socio- économique déjà très aléatoire.
La pertinence, justement, de ces Assises traduit le refus de verser dans une résignation fataliste devant une conjoncture internationale sombre, et le volontarisme des pouvoirs publics, des organisations professionnelles et des opérateurs du secteur, de mettre en place le dispositif adéquat qui permettra, non seulement de résister aux conséquences exogènes de la crise internationale, mais aussi de doter le secteur des facteurs endogènes qui lui permettront de se développer et de prendre son véritable essor. Sous la pression conjoncturelle, d’une part, et l’urgence de mettre en oeuvre une stratégie nationale pour la promotion du tourisme, d’autre part, les participants aux Assises ont démontré que cette manifestation était un moment de vérité et de lucidité qui se démarque des propos de circonstance ou d’une quelconque figure imposée et stérile. Le nouveau gouvernement, et particulièrement le nouveau ministre en charge du département du tourisme sont crédités d’une grande ambition pour ce secteur. Sous les hautes directives royales, ils se donnent pour mission de lever tous les obstacles et les goulots d’étranglement qui n’ont pas permis jusqu’à présent de traduire dans la réalité la vocation du Maroc d’être un grand pays touristique. Il en a les atouts et la volonté. Il dispose d’un savoir-faire et d’une assise infra-structurelle et professionnelle de départ très importante. Mais, le secteur souffre d’une série de dysfonctionnements et de lacunes qui en limitent les performances et en réduisent la compétitivité, à cause d’un environnement socio-économique précaire et en attente d’une mise à niveau générale.
Le secteur du tourisme est appelé à jouer le rôle de locomotive dans cet effort national qui vise à rattraper le retard et à insuffler une nouvelle dynamique à l’activité économique du pays. Après la réalisation du diagnostic du secteur, tous compartiments confondus, l’heure est actuellement à l’affinement d’une méthodologie de travail faite d’écoute, de participation de tous les concernés, de pédagogie et de communication, lisible et claire. Il s’agit, en un mot, d’une véritable mobilisation fondée sur l’intéressement de tout le monde à l’essor du tourisme marocain.

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