Éditorial : mobilité

Éditorial : mobilité

Après l’opération des départs volontaires qui a permis de réduire relativement les effectifs de l’Administration et partant une masse salariale anormalement lourde, une autre action non moins importante s’imposait. Celle du redéploiement des fonctionnaires, actuellement en cours de préparation. Ce sera la prochaine étape. Mais avant de s’engager dans ce nouveau chantier, il faut peut-être élaborer une étude minutieuse dont l’objet, cette fois-ci,  est de déterminer les effectifs optimaux pour chaque administration (Finances, Education nationale, Tourisme, Equipement, Sécurité…) en prenant en ligne de compte la mission assignée à chaque secteur sur une période précise, à moyen ou long terme. C’est à partir des conclusions de cette enquête que le gouvernement aura une feuille de route claire et saura par conséquent les mesures à prendre pour arriver à un ratio convenable pour l’ensemble des services de l’Administration. D’ores et déjà, on est conscient du problème du sous-effectif dont souffrent certains départements de l’Etat comme la Sûreté nationale, la Formation professionnelle ou la Santé publique. D’où la nécessité des recrutements et du redéploiement à mener en fonction des besoins.
Le redéploiement des fonctionnaires, qui engage l’avenir de la fonction publique, a besoin évidemment, pour réussir ses objectifs, de l’adhésion des intéressés et des syndicats. Ces derniers sont appelés à jouer le jeu et éviter de verser dans une surenchère qui ne peut que bloquer la machine de la concertation positive. Ceci n’empêche pas bien sûr l’UMT, la CDT et autres UGTM de défendre les droits de leurs adhérents de telle sorte qu’ils ne soient pas lésés au cas où ils seraient appelés à changer de département. Reste aussi à convaincre la Banque mondiale de la nécessité pour le Maroc de consolider l’opération des départs volontaires. Comment ? En faisant appel à de nouveaux cadres compétents – cette fois-ci contractuels – capables d’injecter du sang nouveau dans les veines de l’Administration. Étant entendu que ces recrutements bénéficieraient de manière prioritaire aux secteurs à la confluence des défis de développement économique et social du pays.
Cette institution financière internationale avait demandé de faire partir 60.000 fonctionnaires sur une durée de 3 ans. Le gouvernement a fait près de 39.000 en l’espace d’une année. Ce qui est une performance. Cependant, le travail n’est pas terminé. L’exécutif en est conscient, qui pense lancer plus tard une deuxième opération départs volontaires plus ciblée dans chaque administration. L’objectif étant de faire la chasse au gras là où il existe pour arriver in fine à l’optimisation des ressources humaines tant souhaitée. Avec une masse salariale représentant 9 % du Produit intérieur brut (PIB), l’objectif vers lequel il faut tendre, le Royaume se sera inscrit dans un étiage mondialement tolérable.    

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