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Éditorial : Mouvement inverse

Quel crédit accorder à la mouvance populaire unifiée (MPU) ? Ce qui est encore figé à l’état de projet de fusion des trois mouvements ( MP, MNP et UD) montre des faiblesses dès que les dirigeants sont confrontés à l’exercice de la démocratie interne. C’est ce qui est arrivé dans la matinée du vendredi 8 octobre à l’occasion de l’ouverture de la nouvelle année législative pour connaître les responsables de la Mouvance dans les instances du parlement. Ceux parmi les députés des trois partis qui s’attendaient à une séance d’élection des candidats, selon un mode collégial transparent, en ont été pour leurs frais. Les leaders, Mohand Laenser, Mahjoubi Aherdan et Bouazza Ikken, ont préféré à ce système celui de la désignation. La triplette harakie, forte sur le plan arithmétique du premier contingent parlementaire de l’hémicycle, s’est partagée les postes en donnant directement sa bénédiction à tel ou à tel député de son choix issu de ses formations respectives. Cette façon de faire a fait jaser et créer des mécontents qui comptent bien contre-attaquer. Dans ces conditions, les états-majors de ce pôle n’avaient pas besoin de réunir ce qu’ils considèrent comme leurs ouailles. Un communiqué contenant les noms des heureux désignés aurait largement suffi.
Dans l’après-midi de cette même journée, les élus des deux chambres sanglés dans leur djellaba immaculée avaient rendez-vous avec le discours d’ouverture par le souverain de la troisième année législative. Un discours où S.M le Roi Mohammed VI a interpellé de nouveau la classe politique pour se restructurer selon des procédés modernes et des méthodes démocratiques. Or, force est de constater, à la lumière du comportement de la mouvance populaire, que les partis marocains prennent exactement le contre-pied des orientations royales!
Ainsi va la politique à la marocaine. Les représentants de la nation applaudissent sur le moment les recommandations du chef de l’État, mais, comble de la schizophrénie, font tout pour perpétuer leurs vieux réflexes. On ne change pas une attitude qui gagne puisqu’elle permet à nombre de dirigeants et de caciques de se maintenir en place et de gérer les partis dont ils ont la charge comme des boutiques. Ni réflexion dynamique sur les sujets qui préoccupent la nation, ni écrémage de l’élite du pays, ni respect des règles et principes démocratiques.
Reste l’espoir incarné par la loi sur les partis sur lequel tout le monde mise pour changer les choses au moins sur le plan juridique. Cette loi doit surtout pouvoir induire une attractivité des formations de telle sorte qu’elles séduisent les jeunes cadres compétents, qui ne se retrouvent pas dans la situation actuelle. En un mot, cette loi est censée faire revenir les partis à leur mission première : l’encadrement des citoyens et l’initiation des débats de société. Mais ce n’est pas gagné d’avance. Les résistances ont la peau dure.

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