Éditorial : Ouvrir les camps de Tindouf

Les défections au sein du Polisario se succèdent les unes après les autres. La dernière en date concerne celle de Mohamed Abdelkader Ould Cheikh Abdelaaziz Ould Rabbani, un grand séparatiste parmi les séparatistes qui vient de faire acte de repentance.   
Au fil des ans, ce front a dû essuyer plusieurs affronts avec le retour au bercail de plusieurs de ses dirigeants et non des moindres qui ont saisi le caractère chimérique de “la cause sahraouie“. Brahim Hakim, Omar Hadrami, Lahbib Ayoub, Guejmoula Bent Abbi et d’autres ont tous tourné le dos à cette  grosse escroquerie pour rallier le Royaume. Ils ont compris que les couleurs de l’avenir se trouvent au Maroc et non pas dans les camps d’un cauchemar qui n’en finit pas. Voie sans issue, fournaise insupportable, bagne d’un autre âge, Tindouf et ses baraquements de fortune, tels qu’ils existent et fonctionnent, sont en eux-mêmes une atteinte flagrante aux droits humains. Tindouf où une partie de la population séquestrée, humiliée et fatiguée, se rebelle aujourd’hui contre ses geôliers. Le ras-le-bol.
Paradoxalement, les voix habituelles, promptes à s’indigner au moindre grondement somme toute normal dans les provinces du sud, se sont tues face aux cris de détresse partis des tréfonds des camps de Tindouf. On n’a pas eu droit cette fois-ci aux grands trémolos d’émotion de ces bonnes consciences droits-de-l’hommistes internationales ni aux images et commentaires tendancieux de certains médias étrangers. Silence radio. Où sont passées les délégations d’élus espagnols qui voulaient, à grands renforts de chahut, débarquer à Laâyoune pour soi-disant y enquêter sur les violations des droits de l’Homme et le collectif d’intellectuels ibériques qui a lancé un appel de soutien au “peuple sahraoui“ ?   Le drame qui se noue depuis trente ans à Tindouf ne mérite-t-il pas une petite attention de la part de ces supposés défenseurs des “minorités opprimées“?
En vérité, les populations de Tindouf sont tyrannisées par ceux qui les quadrillent selon un système tricoté à la peur et au chantage, un système qui utilise les enfants sahraouis pour obtenir l’obéissance des parents et maintenir de ce fait l’existence des camps.  C’est cela la vérité vraie que les Pro-Polisario doivent aller toucher de très près à Tindouf au lieu d’épouser les thèses algériennes. Il faut démanteler cette prison géante à ciel ouvert en permettant à ses malheureux locataires sans défense d’être maîtres de leurs mouvements et de choisir où ils veulent aller. Le Maroc, lui, ne séquestre personne dans ses territoires du sud où les gens sont libres comme le vent.
Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) tient la solution de cette mascarade entre ses mains. La diplomatie marocaine doit désormais concentrer ses efforts dans cette direction car c’est à cette instance onusienne d’obliger l’Algérie, selon le droit international, à déverrouiller des camps que son armée quadrille d’une manière scandaleuse et inhumaine. Ne rien faire revient tout simplement à cautionner une tragédie humaine et un déni de justice immenses.

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