Éditorial : Pari manqué

L’Union socialiste des forces populaires (USFP) a élu son Conseil national, son bureau politique, son Premier secrétaire et l’adjoint de ce dernier. Ainsi, Mohamed Elyazghi et Abdelouahed Radi ont été reconduits dans leurs fonctions respectives de Premier secrétaire et Premier secrétaire adjoint. Bilan : aucune surprise.
En effet, les travaux du 7ème congrès de la formation socialiste ne marqueront certainement pas l’histoire du parti puisqu’il n’y a eu aucun changement remarquable. La composition du bureau politique est restée presque la même. La plupart de ces membres ont été reconduits. L’unique nouveauté réelle demeure celle de l’accès de Mohamed El Gahs au cercle des décideurs du parti.
D’ailleurs, il faut dire d’une manière générale, le congrès socialiste a été marqué par ce que l’on peut appeler "le phénomène El Gahs". Plébiscité par les congressistes, il est arrivé en première position lors des élections des membres du Conseil national. Ensuite, il a été élu, par ces derniers, membre du bureau politique.
Durant les trois jours qu’a duré le congrès et durant les quelques jours qui ont suivi la clôture des travaux, on ne parlait dans les coulisses de l’USFP que du "choix des militants". À tel point que, dès la première journée du congrès, les observateurs ont commencé à voir dans "le phénomène El Gahs" les prémisses d’un changement à la tête du parti socialiste.
Le parti s’apprête à se donner un coup de jeune, avaient spéculé les plus optimistes. On s’attendait, en fait, à un changement à l’image de celui qui avait eu lieu en Espagne, il y a juste quelques années. Il est à rappeler qu’en juillet 2000, le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) avait décidé, à la surprise générale, de choisir un jeune cadre et de lui confier la mission de rajeunir la formation et de la préparer aux élections législatives de 2004. Il s’agit de José Luis Rodriguez Zapatero. Une fois élu secrétaire général du PSOE, ce jeune cadre politique, qui a bénéficié de la confiance et du soutien de tous les socialistes, a réussi son pari. En 2004, la formation socialiste a gagné les élections législatives et José Luis Rodriguez Zapatero a été nommé président du gouvernement espagnol. Le cas Zapatero n’est pas unique. Confier la responsabilité politique aux jeunes cadres méritants est devenue une règle chez la plupart des formations politiques dans les pays démocratiques.
Au Maroc, et dans le cas de l’USFP en particulier, la base a parlé. Son message a été on ne peut plus clair. Elle revendique le rajeunissement de la direction du parti. Mais son message n’a été entendu qu’à moitié et elle devra attendre encore quatre ans avant de tenter à nouveau de promouvoir le changement à la tête de sa formation politique. Ce n’est que partie remise.  

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