Éditorial : Pèlerin ravageur

La lutte antiacridienne n’est pas une affaire facile. Elle exige des moyens humains et logistiques colossaux, qui ressemblent à ceux déployés dans une guerre. Aéronefs, pièces de rechange, produits pesticides, véhicules tout-terrain, équipes spécialisées…. car l’adversaire en face est une véritable armée composée d’innombrables bataillons. Le criquet pèlerin se déplace sous forme de gigantesques essaims dans un mouvement impressionnant. Là où ils passent, les criquets font des ravages. Les récoltes sont disséminées, les arbres fruitiers pillés. Une vraie rasia. Pays à vocation agricole, le Maroc est particulièrement pénalisé par ce danger qui, s’il n’est pas contrecarré, pourrait envahir aussi bien le Maroc des champs que des villes. La coordination de cette opération de combat du reste coûteuse entre les différents départements ministériels concernés et de la gendarmerie doit se déployer sur de vastes étendues du territoire national. Avec une identification des zones à risque où éclot le criquet. D’où la complexité de la tâche.
Le Maroc a déjà connu par le passé l’invasion acridienne, notamment en novembre 1987, date à laquelle le pays affronta une invasion de grande ampleur ayant touché plusieurs zones.
En fait, le Royaume paie l’imprévoyance des pays voisins comme l’Algérie et la Mauritanie et les pays du Sahel comme le Mali et le Niger. Ces pays ne traitent pas à temps le problème du criquet soit par manque de moyens soit par inexpérience. C’est ce qui favorise l’infestation acridienne. Le criquet arrive ainsi à naître, à se multiplier et à se déplacer. C’est ainsi que le Maroc subit l’invasion phénoménale de ces bestioles.
Les traitements contre les essaims de criquets pèlerins dépassent quotidiennement les 20.000 hectares portant la superficie totale traitée au 13 mars 2004 à 376.638 hectares selon les statistiques fournies par le poste de commandement central de lutte antiacridienne (PCC). Débordées par l’ampleur de la catastrophe, les autorités marocaines ont dû demander l’aide de l’Espagne. Il semble que la situation ne soit pas encore totalement maîtrisée dans les provinces du Sud où le traitement se poursuit sans relâche.
La situation est particulièrement préoccupante en Mauritanie et en Algérie où le Maroc a dépêché des groupes d’experts pour juguler le développement du phénomène.
Considérée par l’ONU comme une catastrophe naturelle, ce dernier induit des conséquences multiples : économiques, sociales et environnementales. En raison des saccages de la production agricole, il provoque le déplacement des populations victimes notamment dans les pays africains.
C’est pour cela qu’il faut revoir les mécanismes de lutte adoptés jusqu’ici contre le pèlerin ravageur. Il est nécessaire de doter les pays africains à forte activité chlorophyllienne de moyens adéquats dans les domaines humains, financiers et scientifiques avec une coordination permanente entre les équipes spécialisés des États concernés. C’est le seul moyen pour arriver à prévenir la naissance d’un fléau aussi dévastateur.

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