ÉDITORIAL : Petite leçon d’histoire

L’ex-Premier ministre français Michel Rocard avait démontré qu’il connaissait bien l’USFP et ses dirigeants, au cours de la cérémonie du quarantième jour du décès de feu Abderrahim Bouabid en 1991. Le socialiste français avait rendu un vibrant hommage au leader marocain en mettant en exergue sa haute vision et sa longue expérience politique. Il a notamment précisé que le défunt Bouabid avait su retenir l’élan de ses troupes qui étaient pour la plupart imprégnées de l’option révolutionnaire de l’époque. Autant dire que Rocard avait résumé en une phrase toute la spécificité d’un grand parti qui a su traverser plusieurs fortes turbulences tout au long de son histoire perturbée sans subir le moindre clash mortel. L’USFP a survécu à tous les accidents de parcours qu’elle a connus depuis qu’elle a été enfantée par une scission au sein du parti de l’Istiqlal en 1959. A cette époque et étant donné l’envergure nationaliste du Parti d’Allal El Fassi, ils étaient très peu ceux qui croyaient à la survie de l’UNFP . Non seulement ce nouveau parti a pu s’ancrer sur la scène nationale, mais son alter ego, l’USFP va devenir la première force de l’opposition avant de devenir le premier parti au gouvernement. Cet instinct de survie du parti socialiste qui dure depuis plus de quarante ans est phénoménal dans la mesure où la plupart de ses dirigeants ont connu des fortunes diverses au cours des années de plomb. La prison, l’exil, voire le maquis pour certains d’entre eux, ont forgé leur personnalité et accentué leur maturité pour s’adapter facilement à l’air du temps politique. Au fil des ans et des décades, les Socialistes ont su infiltrer le jeu politique pour devenir des interlocuteurs incontournables de la démocratie marocaine malgré toutes ses insuffisances. L’expérience de l’alternance ayant constitué le point d’orgue de leur choix participatif dans un système qu’il récusait dans toutes ses formes. Il est vrai qu’en 1998 une partie de l’USFP très ancrée dans la culture de l’opposition avait refusé d’entrer au gouvernement. Ce qui n’est pas surprenant dans un parti qui a toujours cultivé au sein de ses structures des débats contradictoires ayant débouché même sur des courants parfois antinomiques. L’histoire a démontré que certaines divergences vont jusqu’à l’extrême pour signer des scissions comme cela s’est passé lors du dernier congrès du l’USFP. Une scission qui n’a pas prêté à conséquences comme le prévoyaient la plupart des observateurs politiques puisque l‘USFP a surpris tout le monde ne s’adjugeant que la première place aux dernières législatives. Par contre, les scissionnistes de la CDT, tout comme les anciens de la Chabiba et autre Fidélité à la démocratie, ont été mis dans les oubliettes. C’est dire combien il faut relativiser l’ampleur donnée par la presse au dernier différend qui a opposé les deux ténors, Youssoufi et Elyazghi. Bien au contraire, cette culture de la différence constitue la force de ce parti qui finit toujours par ressouder les fissures de son édifice et repartir de plus belle. pour preuve, même les scissionnistes finissent par revenir au bercail par la force de la nostalgie d’un militantisme qu’ils ne trouvent pas ailleurs.

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