Éditorial : Plus proches que jamais

La participation du Maroc, lundi 26 avril à Luxembourg, au quatrième Conseil d’association Maroc-UE vise à recadrer la place de l’un dans sa relation avec l’autre.
Le Royaume est un partenaire traditionnel de l’Union européenne dont certains de ses membres, en l’occurrence la France et l’Espagne sont pour des raisons historiques et de proximité plus impliqués que d’autres en termes d’investissements et d’échanges économiques dans le processus du développement économique du voisin du Sud. Le Royaume, qui a longtemps nourri l’ambition de faire partie de l’Union, s’est vu attribué in fine un “statut avancé“ ou spécial qui signifie un allié privilégié. Ce statut indique un changement qualitatif dans la coopération entre les deux parties qui va au-delà des aspects économiques et commerciaux pour englober le domaine politique et social. C’est toute la différence avec l’accord de zone de libre-échange conclu récemment entre le Maroc et les Etats-Unis qui se limite, lui, au secteur des échanges commerciaux et des investissements économiques.
L’Union européenne étant engagée dans un processus irréversible d’élargissement notamment aux pays de l’Est, Rabat a raison d’enfourcher le cheval de la diversification qui s’inscrit dans une démarche de préparation du pays aux défis de la mondialisation. C’est pour cela que l’accord d’association avec l’un n’est pas antinomique avec l’autre. Les deux peuvent être complémentaires.
Le poids de l’UE au Maroc et dans son économie ne saura pour diverses raisons souffrir aucune modification ni remise en cause. À la commission de Bruxelles de réajuster, à chaque fois que cela est nécessaire, les outils de son association avec le Royaume de telle sorte de la hisser au rang de véritable partenariat stratégique. L’Europe a besoin d’un Maroc fort économiquement et solide démocratiquement. Engagé depuis des années dans un projet de modernisation de son environnement économique et d’élargissement des espaces des libertés, le pays est néanmoins confronté à la montée des extrémismes qui fragilisent son tissu social. Le terrorisme, qui a frappé Casablanca et Madrid, n’épargne aucun État au monde. D’où la nécessité d’une coopération approfondie entre Rabat et l’UE pour lutter contre ce fléau des temps modernes. Cette coopération ne doit pas être seulement technique (échange d’informations et de fichiers à travers la collaboration des services). Il va falloir trouver une parade commune et engager une réflexion importante à même de prévenir durablement les actes terroristes en combattant le mal à la source.
Toute action économique ou commercial est censée déboucher sur le bien-être social des populations. L’aide au développement dont bénéficie le Maroc au titre de sa relation avec l’Union européenne doit pouvoir être à la hauteur des besoins de Rabat pour résorber les déficits du pays dans les secteurs sociaux.

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