Éditorial : Plus Ramirez que Ramirez

Ali Lmrabet a encore fait des siennes. Il commençait à peine à se faire oublier après ses récentes déclarations à propos de la "liberté et la démocratie" dont jouissent, selon lui, nos compatriotes séquestrés par le Polisario à Tindouf.
Mais, Ali ne veut pas se faire oublier. Ou, peut-être, ne peut-il pas se faire oublier. En tout cas, ses articles commandés et publiés par le quotidien espagnol El Mundo ressemblent de plus en plus à un interminable feuilleton mexicain. "Un culebron", comme on dit en Espagne. En fait, Ali Lmrabet écrit beaucoup d’articles. Il en écrit presque tous les jours. Et ces articles, malgré la diversité des sujets, ont tous le même objectif : renforcer la thèse selon laquelle le Maroc est un pays qui fait partie du camp des "méchants".
C’est ainsi que, chaque jour, El Mundo publie un article de Lmrabet où ce dernier essaye par tous les moyens de convaincre les Espagnols que le Maroc est un pays dangereux qui menace leur sécurité. Il leur dit chaque jour qu’ils se font une fausse idée de leur voisin du Sud et qu’ils doivent la rectifier. Non, leur explique-t-il dans chaque article qu’il signe, le Maroc n’est pas digne de confiance et le gouvernement espagnol devrait changer d’attitude envers lui. Zapatero a tort d’adopter une politique de rapprochement entre les deux Royaumes. Il devrait faire comme son prédécesseur et déclarer la guerre au Maroc.
Pour ce faire, tous les moyens sont bons. Aussi, s’était-il amusé, il y a quelques semaines, à défendre la thèse du Polisario et à tenter de donner une crédibilité au discours des séparatistes de Tindouf. Ensuite, il s’est rendu aux camps de Tindouf pour, selon ses dires, s’enquérir in situ de la situation dans les camps du Polisario. Résultat : il a découvert que nos compatriotes retenus dans les camps de Lahmada ne sont pas séquestrés et qu’ils jouissent de la liberté de mouvement telle que garantie par les conventions universelles en matière des droits de l’Homme. Ensuite, il est allé enquêter sur les attentats de Madrid. Et, là, il a dépassé toutes les limites. Car, son «enquête» lui aurait permis de découvrir ce que le juge Juan del Olmo chargé de l’instruction des attentats du 11 mars n’a pas pu découvrir après plus d’une année d’investigations, à savoir que le Maroc est impliqué dans le massacre perpétré contre les Madrilènes. Pire : il affirme que nos confrères de la MAP, qu’il accuse d’être des "mouchards" des services secrets marocains, étaient peut-être au courant de ce qui allait se passer dans la capitale espagnole.
Ce qui est certain dans toute cette affaire, c’est que Ali Lmrabet n’agit pas de manière spontanée. Car, la thèse qu’il s’obstine à défendre est celle du quotidien El Mundo connu pour sa proximité avec les milieux de la droite espagnole. Il ne fait donc que s’efforcer chaque fois un peu plus pour faire plaisir à son bienfaiteur, Pedro J. Ramirez, au point qu’il est devenu plus Ramirez que Ramirez. Pauvre Ali.

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