Éditorial : Question de leadership

Éditorial : Question de leadership

La ville de Casablanca a tenu, mardi 27 décembre, une session extraordinaire consacrée aux grands projets de  la métropole à l’horizon 2009 et 2019 consignés dans un document se voulant précis et exhaustif. Si les chantiers retenus dans différents domaines (transport urbain, espaces verts, habitat…) sont exécutés, le visage de la capitale économique sera métamorphosé au grand bonheur des habitants. Barcelone ou Calcutta, Casablanca doit choisir.
Au-delà des carences chroniques du moment liées à la circulation, l’habitat, le transport en commun et les espaces d’animation, Casablanca affronte d’autres problèmes de fond non moins essentiels relative à la nature de sa gouvernance. Là, on a l’impression que la plus grande ville du pays, plus que tout autre région, manque d’un leadership clair et assumé engendré peut-être par le mode de cohabitation du bicéphalisme incarné par la wilaya et la mairie.
Dire que ces deux pôles d’autorité fonctionnent à merveille et en bonne intelligence revient à vouloir évacuer la question. L’un et l’autre, forts de leur propre légitimité politique et de la grille de lecture de leur mission, veulent imposer leur vision du développement local en prenant des initiatives qu’ils jugent prioritaires. Un conflit que chaque partie passe son temps à éviter pour donner l’illusion de l’entente. Il est difficile dans pareille situation de dresser le bilan de chaque responsable tellement la confusion est importante. Résultat : ce qui marche c’est moi, les ratages c’est l’autre. Rendre des comptes ne figure pas encore dans le lexique. 
Élu au suffrage universel, le maire doit en plus gérer la majorité “qui lui a fait confiance“ en tenant compte des équilibres des forces à l’intérieur du Conseil de la ville et parfois des intérêts, plus ou moins exprimés, des uns et des autres. Autre contrainte, le concept de l’unité de la ville dans une gigantesque métropole a créé des mairies et des préfectures d’arrondissement sans aucun pouvoir.
Alors que les discours officiels font l’éloge  de la décentralisation et de la déconcentration censées être mises en œuvre sur le terrain, le pays réel fonctionne exactement à l’opposé avec une concentration de l’essentiel des attributions entre les mains de deux ou trois responsables. S’occuper véritablement et efficacement des problèmes de la cité devient une gageure surtout si l’équipe chargée de l’exécution et du suivi des dossiers ne suit pas. Dans le meilleur des cas, on ne peut faire que du saupoudrage.
Dans un monde de plus en plus mondialisé où la compétition sur tous les plans fait rage, les villes comme Casablanca arrivent à se positionner en vendant un secteur précis où elles ont un leadership et des avantages comparatifs. Y a-t-il une dream team de la capitale économique capable de prendre son bâton de pèlerin pour “vendre“ sa ville sur le plan international ?

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