Éditorial : Réanimation

Éditorial : Réanimation

Si Casablanca va bien, le Maroc va bien, dit-on, à juste titre, dans la capitale économique. En effet, cette ville reflète l’image du pays sur tous les niveaux. Sa situation économique et sociale a toujours été considérée comme l’un des indicateurs qui traduisent l’état dans lequel se trouve le pays. Et l’on peut dire la même chose dans le domaine de la politique étant donné que cette ville a été au centre des gestations politiques que le Maroc a connues tant durant le protectorat qu’après l’indépendance.
Cette place qu’elle occupe en tant que moteur de l’économie nationale et centre des mutations politiques et sociales aurait dû en faire un exemple à suivre pour toutes les autres villes en matière de développement urbain au Maroc. Ce qui n’est pas le cas.
Malheureusement, cette ville enregistre un retard énorme en matière d’infrastructures et d’aménagement urbain. Durant les quatre dernières décennies, Casablanca n’a cessé de grandir et le nombre de ses habitants s’est multiplié d’une manière géométrique arrivant à un chiffre qui dépasserait les cinq millions selon les estimations des autorités locales. Pourtant, ce développement de la population n’a pas été accompagné ni d’un réaménagement de l’espace urbain, ni même d’un plan urbain visant à éviter le disproportionnent dont souffre la ville actuellement et qui s’aggrave chaque jour davantage.
La responsabilité de cette anomalie est à imputer à tous ceux qui ont été chargés de la gestion de la ville sans pour autant l’assumer. Qu’il s’agisse des représentants de l’autorité ou des élus des collectivités locales, la plupart de ceux qui se sont succédé à la tête des administrations chargées de la gestion des affaires publiques dans la capitale économique ont préféré privilégier leurs intérêts personnels plutôt que de s’occuper des affaires publiques.
Aujourd’hui, il existe une volonté ferme de rattraper ce retard et de remédier au cumul des déficiences enregistrées au niveau des infrastructures et de l’aménagement de l’espace urbain de Casablanca.
Une volonté qui est d’ailleurs accompagnée de mesures concrètes visant à récupérer le temps perdu.Une mission qui s’annonce difficile puisque le réaménagement d’une ville est une opération continue dans le temps et qui accompagne parallèlement la croissance de la population. Mais, il vaut mieux tard que jamais.
Toutefois, malgré cette volonté de changement, il existe toujours des poches de résistance qui mettent des obstacles devant toutes les initiatives essayant ainsi d’avorter des projets de réaménagement. L’opération menée actuellement au niveau de certaines artères principales du centre de la ville vise à améliorer les fluctuations de la circulation tant des voitures que des piétons et, par la même occasion, rendre le paysage urbain plus attractif et plus adapté à l’image que devrait avoir une ville comme Casablanca. De ce fait, elle mérite d’être encouragée et soutenue. Aussi, les habitants de la capitale économique doivent être compréhensifs en ce qui concerne les travaux en cours. Et les autorités gouvernementales devraient soutenir cette initiative et faire en sorte que le projet ne soit que le début d’une série de chantiers visant à réanimer le coeur économique du Royaume et à lui rendre son dynamisme et sa vitalité.

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