Éditorial : Rebut de l’Histoire

Le polisario, qui n’est plus depuis longtemps qu’une bande déboussolée au milieu des sables de Lahmada, donne aujourd’hui les signes d’un grand désarroi. Celui-ci transparaît clairement dans sa logorrhée aussi vieillotte qu’indigente déversée après que le Conseil de sécurité eut décidé de proroger de 10 mois jusqu’en février 2005 le mandat de la Minurso.
En fait, ce qui a le plus désarçonné le polisario, c’est l’avènement en Espagne de José Luis Rodriguez Zapatero, un homme attaché à la légalité internationale et au dialogue sérieux comme moyens de règlement des conflits comme celui du Sahara marocain.
Cette nouvelle donne a aussi chamboulé les calculs des créateurs et des protecteurs de la bande à Abdelaziz. L’Algérie avait oeuvré avec plus ou moins de succès, lors des dernières années du mandat de José maria Aznar, de créer un axe Alger-Madrid. Objectif inavoué : mettre en difficulté le Maroc, qui l’est déjà dans sa frontière Est, avec son voisin du Nord. Cet axe de la mauvaise foi et de la duplicité a perdu sur toute la ligne…
En un mot, l’effet Zapatero aura été dévastateur sur le polisario et leurs alliés qui ont toujours misé sur un affaiblissement politique, économique et diplomatique du Maroc, pour s’emparer des provinces du Sud au nom de l’autodétermination des peuples. Mais de quel peuple s’agit-il ? Sornettes que tout cela. Le Sahara appartient à tous les Marocains et à ceux qui y habitent. Ce n’est pas un no man’s land ou une terra nullus en mal de population.
Dès lors, les thèses polisariennes participent d’une histoire à dormir debout. Quel est ce pays qui acceptera d’être amputé d’une bonne partie de son territoire, en prenant de surcroît le risque de maintenir en son sein un foyer de tension, et d’instabilité permanente? Si les autorités algériennes aiment à ce point le polisario, elles n’ont qu’à lui offrir un État dans leurs immenses espaces désertiques.
Compte tenu de toutes ces considérations, la solution d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine est un marché très honnête. Il est à prendre ou à laisser. Le plan Baker II est dangereux pour la région, en ce sens où il est très vague pour ce qui est de la période transitoire de 5 ans. Une phase fragile qui pourrait fortement être jalonnée d’incertitude et de tensions permanentes. Ce n’est nullement l’objectif de l’ONU et de son médiateur, Koffi Annan, qui cherchent à trouver une meilleure solution à ce conflit factice et aberrant.
C’est un secret de Polichinelle, l’Algérie a utilisé le polisario comme une carte pour gêner la marche du Maroc. Il est temps pour Alger de revenir à de meilleurs sentiments envers Rabat. L’intelligence politique et le souci de l’avenir commun dictent une telle conduite. Cela ne sert à rien de maintenir une mascarade flagrante et de s’entêter à aller à contre-courant de la dynamique de l’Histoire. Avec les nombreux bouleversements intervenus dans le monde depuis la chute du Mur de Berlin en décembre 1989, le polisario apparaît comme un rebut d’une époque révolue.

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