Éditorial : Recomposition

Le Conseil d’administration de la Caisse nationale de la sécurité sociale (CNSS) s’est enfin réuni, mardi, avec un retard de huit mois par rapport à la date prévue initialement. La réunion, qui s’est déroulée sous la présidence du ministre de l’Emploi et la Formation professionnelle, Mustapha Mansouri, a failli être reportée à une date ultérieure suite à un différend qui a surgi à propos de la conformité à la loi du statut de membre du conseil de l’un des assistants. Après un débat houleux entre ceux qui contestent la légitimité de ce membre et ceux qui s’y attachent, le Conseil a pu surseoir à cette question et tenir ses travaux sans trancher sur la question.
Outre l’absurdité de toute l’affaire – car il s’agit bien d’une absurdité totale – l’incident est de nature à donner matière à réflexion sur la composition de ce Conseil.
Car, ce qui s’est passé, mardi, révèle que certains secteurs de notre pays continuent de fonctionner d’une manière archaïque qui privilégie la conclusion d’accords instantanés et improvisés le temps de faire passer une réunion et ce aux dépens d’une approche basée sur le respect des textes de loi, des procédures et du règlement en vigueur.
Certes, réussir à dépasser un malentendu surgi lors d’une rencontre aussi importante que le Conseil d’administration de la CNSS est une bonne chose, mais, ce qui est vraiment inacceptable, c’est que l’on ne soit pas encore arrivé à éviter ce genre d’incidents. Ce qui est d’ailleurs très simple à réaliser puisqu’il suffit de clarifier les textes juridiques qui définissent les conditions pour devenir membre dudit Conseil et d’établir par ailleurs les cas où l’on peut en être écarté. Aussi, doit-on dire que dans un pays développé, il est impossible qu’un tel problème puisse surgir pour une simple raison à savoir que le règlement est rigoureusement appliqué par tout le monde sans avoir besoin d’entrer dans des polémiques absurdes sur si tel ou tel autre membre siège légalement ou pas dans un Conseil d’administration.
Aussi, la recomposition dudit Conseil s’impose. Non seulement, pour préciser d’une manière exhaustive les conditions d’y siéger, mais, il faut aussi engager une réflexion très profonde sur l’implication de l’Etat dans la gestion de cette caisse.
Car, il faut rappeler que le Conseil d’administration de la CNSS est composé de vingt-quatre membres titulaires dont huit représentants de l’Etat, huit représentants des travailleurs et huit représentants des employeurs. Ainsi, si l’on comprend parfaitement qu’il y ait autant de membres appartenant aux employés que ceux des employeurs, ce n’est pas le cas pour les huit membres qui représentent l’Etat étant donné que ce dernier n’est pas concerné par les services de la CNSS.
Ainsi, le moment est peut-être venu pour que la Caisse de la sécurité sociale soit gérée à l’instar de ce qui se fait dans les pays développés à savoir par les employés et les employeurs et que l’Etat se contente du rôle de contrôleur et d’arbitre en cas de litige.

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