Éditorial : Ruée vers l’or noir

Ya-t-il du pétrole au Maroc ? La question prête un peu à sourire depuis que les espoirs suscités par Talsint en 2000 ont rapidement crevé comme une bulle illusoire. Les réserves estimées à plusieurs milliards de barils par les promoteurs de la société de prospection américaine Long Star Energy (chiffres faramineux relayés par le ministre marocain de l’Énergie et des Mines de l’époque) se sont avérées être fantaisistes. Ce n’est pas que le pétrole n’existe pas en quantités suffisantes dans cette région du sud-est du pays mais il faut engager des moyens financiers énormes pour pouvoir procéder à plusieurs forages. Telle n’était pas la démarche de cette entreprise qui a gonflé le potentiel (qui reste à découvrir réellement) en pétrole dans l’objectif inavoué de toucher le jackpot en réalisant une plus-value sur la vente de ses participations dans la société. C’est finalement le groupe saoudien Dallah Al Baraka qui a repris le chantier de prospection à Talsint.
Le Maroc a longtemps manqué d’attractivité en matière de la recherche pétrolière à cause d’un code d’hydrocarbures jugé inintéressant pour les compagnies étrangères spécialisées. Cette situation est due au fait que Feu S.M Hassan II n’était pas enthousiaste pour que le Royaume soit producteur du pétrole ( perçue moins comme une manne que comme une malédiction), misant sur le travail de la terre, l’agriculture et la construction des barrages. Il est vrai que la richesse pétrolière n’est pas synonyme de développement et de progrès surtout lorsqu’elle ne profite pas à tout le monde en étant mise en coupe réglée par une certaine oligarchie.
Il faut attendre l’an 2000 pour que le code des hydrocarbures soit modifié de telle sorte qu’il devienne plus incitatif aux yeux des majors de la prospection pétrolière internationale. Depuis lors, on assiste à une véritable ruée sur la recherche de l’or noir : Shell, Total, Eni, Repsol, Ptronas et d’autres. Au total, près de 60 permis d’exploration ont été délivrés par l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onyhm) dirigé par Amina Benkhadra, fruit d’une fusion entre l’Onarep et le BRPM.
Alors, le Maroc pourra-t-il un jour devenir un pays pétrolier ? Pour les observateurs de la chose pétrolière et les acteurs de la recherche pétrolière en action au Maroc, le Royaume présente des similitudes géologiques et géophysiques avec certains pays riches en pétrole. D’où leur intérêt pour le Maroc.
L’espoir reste donc de rigueur. Et puis, la dynamique actuelle créée grâce aux investissements étrangers au Maroc dans ce secteur a permis d’augmenter la cadence des explorations on shore et off shore et d’identifier scientifiquement le potentiel à travers les travaux de forage. Ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Boutaleb ne cache pas son optimisme. Pour lui, jamais les indices n’ont été aussi prometteurs.

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