Éditorial : Saupoudrage

Les “maillons“ faibles du gouvernement ont été débarqués alors que leurs remplaçants ont embarqué mardi 8 juin à destination de Marrarkech où ils ont été reçus par S.M le Roi. Le cabinet Jettou II est finalement arrivé. Après de multiples tergiversations qui ont duré plusieurs mois, Driss Jettou s’est avisé finalement de remanier son équipe qui de 40 ministres y compris le premier d’entre eux est réduite à 35? A y regarder de plus près, il s’agit d’un très léger réglage technique sans grande signification politique avec un zeste de chaises musicales, qui ne va pas tellement rejaillir sur l’économie interne de l’exécutif tel qu’il a été formé en novembre 2002. La montagne a accouché d’une souris. Pas de bouleversement des équilibres politiques. Juste un petit rajustement qui s’est accompagné d’un renforcement de certains départements lesquels se sont vus adjoindre de nouveaux secteurs comme l’enseignement et l’Agriculture. Aucun parti de la majorité n’a quitté l’attelage gouvernemental. Tous maintenus. La Mouvance populaire constituée du MP et du MNP ne figure pas au complet dans le nouveau cabinet puisque l’UD de Bouazza Ikken n’y a pas fait son entrée comme il le réclamait.
Le principal changement est venu par contre du côté du RNI de Ahmed Osman qui s’est séparé de 4 ministres sur 6 qu’on lui a remplacés par des technocrates qui n’ont jamais milité au sein du parti. Cette affaire, qui fait d’ores et déjà jaser les militants du Rassemblement, risque de susciter un vent de fronde contre le président. Le parti est-il assez fort pour surmonter cette nouvelle crise qui s’annonce ? Par contre, le leader du MP Mohand Laenser a joué finement en évitant de proposer de nouveaux ministrables. Pour ne pas avoir à essuyer la colère des siens, il a préféré reconduire les mêmes y compris sa personne. Ainsi, M. Laenser a gagné la paix politique pour les années à venir.
Ce remaniement est censé insuffler un sang neuf dans les veines d’un gouvernement qui péche depuis son avènement par de multiples insuffisances. Manque de souffle politique, absence de cohérence et pléthore des portefeuilles . Driss Jettou en était conscient, qui a tenté de contourner le problème en travaillant avec les ministres qui sont à la tête des ministères stratégiques comme le transport , l’habitat et le tourisme. Or, cette parade n’était pas de nature à renverser la vapeur. Bien au contraire, elle a forcé le trait en montrant au grand jour un cabinet à plusieurs vitesses avec des membres d’inégale valeur. Quant aux autres, pour la majorité des sous-ministres sans attributions réelles ni moyens conséquents, ils ont eu du mal à exister. Mais cette situation n’émouvait pas les intéressés, tout contents d’avoir accédé à la ministrabilité.
Cela dit, même s’il est prématuré de préjuger de sa qualité, il n’est pas sûr, après ce semblant de changement, que le cabinet Jettou II gagne en efficacité et en homogénéité tant souhaitées. Autrement dit, les tares du gouvernement ne risquent pas de disparaître. Remaniement pourquoi, remaniement parce que.

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