Éditorial : Solidarité

Éditorial : Solidarité

Les deux otages marocains, employés de l’ambassade du Royaume en Irak enlevés le 20 octobre dernier à Bagdad, ne sont pas seuls dans l’épreuve qu’ils traversent. Preuve: la marche de solidarité de Casablanca du dimanche 6 novembre avec Abderrahim Boualem et Abdelkarim El Mouhafidi dont les portraits étaient arborés par une foule rassemblée dans une seule revendication : la libération sans condition de leurs compatriotes. Plusieurs milliers de Marocains de différents âges, avec en tête du cortège des hommes politiques et des militants de la société civile, sont descendus comme un seul homme dans la rue. Les banderoles qui traversent les manifestants expriment indignation et condamnation du geste des ravisseurs appartenant probablement à la branche irakienne d’Al Qaïda de Abou Mosaâb Al Zarkaoui. Formidable élan de soutien d’un peuple connu pour son sens de la coexistence, sa modération et son amour de la paix.
Les ravisseurs, qui ont menacé dans leur dernier communiqué d’exécuter les otages, entendront-ils le message des Marocains ? Vont-ils relâcher ceux qu’ils détiennent sans aucune justification, si ce n’est peut-être l’intention de monnayer financièrement leur mise en liberté ou bien de faire pression sur les autorités marocaines pour obtenir la libération des détenus islamistes condamnés dans le cadre des attentats de Casablanca? Pour le moment, le mobile est inconnu.  On en est réduit pour d’autant plus aux spéculations que les ravisseurs n’ont fait aucune demande contrairement à l’affaire des journalistes français où ils ont exigé l’abrogation de la loi sur le port du voile dans les écoles hexagonales avant de se décider d’épargner leur vie au terme d’une intense négociation aux termes restés secrets néanmoins accompagnée d’une mobilisation permanente de la société française, politique et associative.
En fait, dans le cas du Maroc personne ne sait s’il s’agit d’un chantage ou d’autre chose. Surtout que personne parmi les responsables concernés directement par ce dossier ne s’est donné apparemment la peine de savoir à travers une mobilisation diplomatique conséquente. Après un long silence, on a eu juste droit, plus de dix jours après la prise d’otage, à des communiqués officiels de condamnation de l’enlèvement.       
Il est vrai que cette prise d’otage n’a aucune valeur politique ou stratégique étant donné que le Maroc n’a pas dépêché de soldats en Irak dont le peuple a en revanche toujours bénéficié de la solidarité des Marocains. Il est évident aussi que ce rapt, à l’instar de tous les précédents, va à l’encontre des préceptes de l’Islam et des valeurs nobles de l’humanité. Une chose est sûre : l’Irak est devenu un pays où la confusion a atteint des sommets. Des bandes rivales profitent au gré des situations de ce chaos, agissant sous couvert de l’Islam tantôt pour ramasser de l’argent tantôt pour répandre la terreur.

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