Éditorial : Strasbourg et nous

Réuni en session du 24 au 28 janvier, le Parlement européen a adopté une résolution au sujet de l’affaire du Sahara marocain. D’emblée, les rédacteurs du texte expriment leur préoccupation quant à “l’absence de progrès notables dans la recherche d’une solution politique juste et durable“. Cette institution située à Strasbourg, connue pour être sensible aux sirènes polisariennes, trouve que la “solution optimale“ réside dans l’approbation par le Maroc “du plan de paix pour l’autodétermination du peuple sahraoui“. Rien de moins ! Or, les autorités marocaines ont expliqué avec force arguments dans une réponse datée du 15 avril 2004 leurs réserves par rapport à ce plan qui n’est dans le fond qu’un marche-pied vers l’indépendance.
Cette option passe évidemment par l’organisation du référendum dont les conditions de mise en oeuvre sur le terrain ont montré justement par le passé leur caractère impraticable. Les Chioukh du Polisario n’avaient-ils pas eux-mêmes saboté par diverses manoeuvres l’opération d’identification du corps électoral en rejetant systématiquement de nombreux électeurs marocains ? D’où l’abandon de cette option et la décision d’en explorer une autre. C’est ainsi que l’idée d’une solution politique sous forme d’une large autonomie au Sahara, où il n y a ni vainqueur ni vaincu, a fait petit à petit son chemin. Et puis, cette proposition a l’avantage d’être soutenue par les puissances et de garantir la stabilité dans la région. L’Espagne de Jos Luis Zapatero l’a compris, qui est en train d’oeuvrer depuis l’avènement des socialistes dans ce sens. Le parlement européen gagnera pour plusieurs raisons à changer de vision et d’appuyer les efforts de Paris, Washington et Londres pour ne citer que les membres influents du Conseil de sécurité. Le Polisario est une supercherie montée par Alger pour nuire aux intérêts du Maroc. Il n’y a pas de peuple saharoui, il n’y a que des mercenaires instrumentalisés. La société civile issue des provinces du sud, ainsi que la diplomatie parlementaire et politique, doivent mener une mission explicative constante auprès des députés européens acquis à “la cause du Polisario“. Il s’agit de leur exposer les vrais enjeux de cette affaire et le vrai visage des séparatistes. En dehors de la solution politique, qui est en vérité un accord des braves, point de salut.
Le pseudo-conflit s’enlisera et s’éternisera. Cela fait plus de 25 ans que cette affaire dure. Elle peut encore durer tout autant ou davantage. Avec toutes les conséquences sur la région en termes d’entente politique et d’intégration économique. L’Algérie porte bien sûr une lourde responsabilité dans le retard qui frappe le Maghreb comme une malédiction. Un Maghreb fort et solidaire passe plus que jamais par l’union et non pas par la division dont les responsables algériens sont d’excellents marchands.

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