Éditorial : Symbole

Au-delà des dossiers techniques des principaux candidats à l’organisation de la Coupe du monde 2010, il est des considérations qui militent logiquement pour qu’un pays soit adoubé pour abriter cette prestigieuse manifestation mondiale. Le Maroc, qui a du reste produit à la Fifa une offre assez solide en termes de projets et de garanties, présente en plus toutes les caractéristiques intrinsèques d’une nation qui aspire de toutes ses forces à être hissée au rang du monde développé. Et quel meilleur levier que le Mondial pour un pays en quête d’un projet mobilisateur de foules, créateur de richesses et impulseur de rêve.
Un pays qui a multiplié au cours de ces dernières années les gages de modernité et de démocratie (émancipation de la femme, élargissement des espaces des libertés, réformes économiques, dynamisme de la société civile…) qui ne sont in fine que l’expression de sa volonté farouche d’aller de l’avant et de sortir du sous-développement. Un pays qui a payé aussi un lourd tribut au terrorisme en raison des attentats du 16 mai 2003 qui ont frappé lâchement Casablanca et ses habitants. Hasard du calendrier chargé de symbole, c’est à la veille de cette triste date que la Fifa va désigner l’heureux élu. C’est dire que les Marocains veulent plus que jamais transformer le premier anniversaire de ces attaques terroristes en une immense fête nationale. Pour tout dire, le choix du Maroc serait une belle victoire contre le terrorisme, ce fléau des temps modernes qui fait peser une menace sérieuse sur la planète.
De ce point de vue-là, le Maroc organisateur de la Coupe du monde présente l’intérêt de pouvoir servir de contre-modèle à Oussama Ben Laden et ses sicaires qui ne cherchent qu’à détruire par leurs opérations ignobles les valeurs de tolérance et d’ouverture qui ont toujours fondé la nation marocaine depuis des siècles. Le Maroc a montré à plusieurs reprises par les actes son attachement à la paix et à la coexistence entre les peuples.
Aussi la cause footballistique du Maroc prend-elle tout son sens et toute sa signification. Elle est légitime et convaincante. En se portant à trois reprises à l’organisation de la Coupe du monde, le Maroc a affiché sa foi dans l’avenir et montré la constance de ses choix. L’opportunité 2010, qui en fait n’a pas de prix, ne peut être que productive sur tous les plans en termes d’infrastructures, d’investissements, d’intégration économique mais aussi en termes de raffermissement des choix politiques et démocratiques du pays. Le Mexique a bel et bien réussi son décollage en organisant la Coupe du monde en 1970.
Le Maroc, qui se trouve aujourd’hui au milieu du gué, possède tous les atouts en main pour suivre l’exemple de ce grand pays de l’Amérique Latine en basculant dans un schéma porteur de progrès et d’optimisme.

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