Éditorial : Syndrome

Le Maroc et l’Algérie sont-ils sur le pied de guerre ? C’est ce que laisse entendre un quotidien algérien dans son édition du lundi 4 octobre faisant état de l’interception près de Tindouf d’un détachement de l’armée marocaine composé de 400 soldats. Il n’en fallait pas plus pour que cette publication conclue qu’un “ important mouvement militaire marocain est observé, en ce moment, au niveau du tracé frontalier de la région ouest », ajoutant que du côté algérien, de nombreuses tentes du groupement des garde-frontières de la ville (Tindouf) sont alignées le long du tracé“.
Or, rien de tout cela n’est vrai. Aucun membre des Forces armées royales (FAR) ne s’est perdu en territoire algérien. Information démentie catégoriquement dans un communiqué de l’Etat-major des FAR. Et puis, ceci ne saurait être possible car il existe une ligne de défense dans la zone Sud. Alors de quoi s’agit-il ? L’article mensonger du journal en question renvoie certainement au syndrome d’Amgala du nom de la célèbre bataille pendant laquelle les FAR ont donné une leçon aux troupes algériennes. Au fil du temps, ce syndrome a dû se transformer en attitude obsessionnelle qui relève d’une maladie nommée paranoïa qui fait que l’on voit des ennemis partout ou de l’intox distillée par les autorités algériennes dans le cadre de leur entreprise de provocation du Maroc. Dans le cas de ce voisin qui a besoin de se soigner, il y a probablement un mélange des deux. Ce qui est encore plus grave. En inventant une intrusion d’un groupe de soldats marocains près de Tindouf et un mouvement de troupes à la frontière maroco-algérienne, les “boumediennistes“ au pouvoir à Alger cherchent en fait à valider a posteriori la fièvre acheteuse de l’armement qui s’est emparée subitement d’eux. En clair, l’Algérie a raison de s’armer puisque le Maroc prépare la guerre. À Alger, on raisonne malheureusement de la sorte. Au ras des pâquerettes. En fait, cette course à l’armement, qui n’impressionne pas du tout le Maroc, n’a aucun intérêt stratégique dans la région. Dans le sud de la Méditerranée, aucun conflit armé ne risque d’avoir lieu. En tout cas, Bouteflika ne doit pas compter sur le Maroc pour se lancer dans une aventure pareille. Si le pays du Sirocco veut dépenser ses pétrodollars en artillerie avec au passage de juteuses commissions, c’est son problème.
Le délire de la presse algérienne a battu tous les records. De mensonge en affabulation, elle se vautre dans la provocation. Cette logorrhée haineuse, inspirée par la Palais d’El Mouradia, n’exprime que le désarroi d’un pays qui pour détourner l’attention sur ses problèmes internes se focalise sur le Maroc et son intégrité territoriale.
Ce n’est pas en soutenant à bras-le-corps une bande de mercenaires qu’Alger finira par voir se créer un État au Sahara conformément à ses fantasmes. Ce serait se tromper de géographie et d’Histoire. La communauté internationale et l’ONU savent ce qui fait bouger l’Algérie. Tout sauf l’argument de l’autodétermination des peuples que ce pays agite pour gêner le Maroc. Quand à l’histoire de la course à l’armement, il se réduit à une affaire de pots-de-vin. Il faut bien que la nouvelle élite militaire à Alger tire à titre personnel profit de la manne pétrolière.

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