ÉDITORIAL : Test

ÉDITORIAL : Test

L’affaire du Sahara marocain n’en finit pas de traverser des tournants décisifs. Dans son dernier rapport présenté devant les membres du conseil de sécurité le 23 mai dernier, Kofi Annan a appelé ces derniers à demander aux parties au conflit “d’accepter le plan de paix tel que modifié et d’oeuvrer avec l’Organisation des Nations unies à sa mise en oeuvre“. La solution d’autonomie qui était soutenue, y compris par les puissances comme compromis juste et équitable est-elle en train d’être abandonnée au profit d’une option qui ne tiendrait pas compte des droits légitimes du Maroc ? En effet, le nouveau plan Baker, qui a subi des modifications par rapport au plan initial, donne beaucoup de concessions au Polisario en termes d’attributs de souveraineté. En outre, le plan stipule que le statut final de ce territoire sera réglé par référendum. En un mot, la plupart des dispositions du plan Baker, qui s’éloignent manifestement et de l’esprit et de la lettre de l’option d’autonomie sous souveraineté marocaine laissent entendre que la période de transition prépare en fait l’avènement de l’indépendance du Sahara. Nous sommes en présence d’un mauvais “marché“ dont les termes ne sont pas très explicites et qui se prêtent à plusieurs lectures et interprétations. James Baker est de nouveau appelé à réviser sa copie. Le Maroc a seulement émis des réserves sur ce projet d’accord puisqu’il ne respecte guère l’intégrité territoriale du pays. L’Algérie, qui a elle aussi exprimé des réserves sur cette solution pour des raisons différentes, est en train de pousser actuellement ses protégés du Polisario d’accepter le plan Baker après l’avoir rejeté en bloc. Or, l’Espagne qui assure la présidence du Conseil de sécurité depuis le 1er juillet semble vouloir mettre à contribution son statut actuel pour imposer la solution Baker. À la faveur du réchauffement des relations maroco-espagnoles, Madrid est supposé normalement pousser vers un arrangement qui respecte l’intégrité territoriale de son voisin du sud. La duplicité espagnole sur ce dossier n’a plus aucune raison d’être. Les relations de bon voisinage et le partenariat économique dictent un respect total qui englobe aussi celui du respect de l’intégrité territoriale du pays partenaire. L’Espagne a jusqu’à la fin du mois (date d’expiration de son mandat) pour montrer sa bonne foi sur un dossier où il a longtemps fait preuve pour le moins d’une certaine ambivalence. En un mot, l’Espagne est appelée à choisir son camp de manière claire et définitive. C’est pour cela que la réunion du 31 juillet consacrée à l’affaire du Sahara représente un test grandeur nature pour les uns et les autres. Quant au Maroc, il ne saurait accepter une option où il abandonnerait ne serait-ce qu’un arpent de ses territoires du sud. La seule issue de sortie d’un conflit factice est connue. L’autonomie sous souveraineté marocaine.

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