Éditorial : Tournant

James Baker jette l’éponge. L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU au Sahara, poste qu’il occupe depuis 1997, se retire du dossier sur un constat d’échec de ses tentatives de trouver une solution qui soit acceptable par les parties en conflit.
Son dernier plan, qui comporte le risque d’ouvrir la voie à l’indépendance du Sahara du fait de la période transitoire de 5 ans, a été naturellement rejeté par le Maroc favorable, lui, à l’option de l’autonomie sous souveraineté marocaine. La persévérance marocaine pendant plus de 4 ans à rechercher une solution politique au conflit qui respecte ses droits légitimes sur ses provinces du Sud a fini par montrer le caractère contre-productif de la démarche de l’ex-secrétaire d’Etat américain. Une démarche qui a surpris un brin les observateurs politiques en ce sens où M. Baker a évacué l’Algérie comme principal protagoniste du dossier aussi bien de ses déclarations que de ses derniers plans dans une tentative de réduire le problème à un face-à-face Maroc-polisario. Ce qui est complètement faux.
Or, tout le monde sait que l’Algérie, géniteur et soutien du polisario, est tout sauf un pays neutre. Bien au contraire. D’ailleurs, le Royaume a toujours soutenu à raison que la solution du problème se trouve à Alger en appelant à un dialogue direct entre le Maroc et l’Algérie. Les puissances comme la France, les Etats-Unis et aujourd’hui l’Espagne de Zapatero ont fini par se rendre récemment à cette évidence. Autrement dit, le règlement définitif de cette affaire, vieille de plus de 25 ans se trouve moins dans la boîte à outil, onusienne que dans une entente maroco-algérienne à consacrer sur un compromis qui respecte un élément fondamental. Celui de la stabilité et la sécurité dans la région. Toute solution à rebrousse-poil de ce souci majeur est nulle et non avenue.
Le Maroc a fait un grand pas et un sacrifice de taille dans ce sens. En mettant une politique de régionalisation qui tient compte des spécificités de chaque région, le Maroc a fait preuve de sa bonne volonté de trouver une issue juste et honorable à une question qui continue à empoisonner le climat du Maghreb. L’offre du Maroc, compte tenu de son caractère raisonnable, est à prendre ou à laisser. Elle est la seule à pouvoir garantir paix et prospérité dans une zone très sensible. La démission de James Baker, qui a fait ce qu’il a cru être judicieux pour en finir avec le problème, montre que l’affaire du Sahara marocain n’est pas une mince affaire. Il s’agit d’un dossier extrêmement complexe qui engage le destin des nations de la région. Et puis, le Maroc, qui est chez lui dans ses provinces du Sud, parties intégrantes de son territoire à travers l’Histoire, n’acceptera jamais d’être amputé ne serait-ce que d’un arpent de son sol. Que ceux qui nourrissent des visées différentes dans la région révisent leur position tout en regardant vers l’avenir. Le polisario c’est fini depuis longtemps.

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