Éditorial : Traitement tendancieux

Éditorial : Traitement tendancieux

En pleine campagne anti-marocaine sur le dossier de l’émigration clandestine, le président du gouvernement espagnol est monté au créneau pour se féliciter de l’action du Royaume dans la gestion de ce phénomène très complexe. José Luis Zapatero, qui a tenu bon face à une droite aznariste pour le moins agressive et débordante de mauvaise foi lui reprochant sa complaisance envers les autorités marocaines, a expliqué que son voisin du sud a besoin du soutien de la communauté internationale. En fait d’aide, le Maroc n’a eu droit jusqu’ici qu’aux procès malveillants de la part des médias étrangers notamment espagnols et français. L’acharnement continue de plus belle. Haro sur le baudet.
Certes, côté marocain il y a eu des dérapages incontestables dans le traitement de l’affaire compte tenu de son ampleur qui déborde largement les frontières nationales. Tout comme il y a eu des problèmes de communication pour anticiper la crise en maîtrisant à l’avance ses tenants et aboutissants. D’où cette impression donnée par les responsables marocains d’être sur la défensive.
Mais ceci ne change en rien les données de l’équation. La vérité vraie c’est que le Maroc est un pays du tiers-monde qui n’a pas les moyens de gérer une pression migratoire permanente et impétueuse dont il n’est pas du tout responsable.
Préoccupées à montrer uniquement l’émotion générée par ce drame humanitaire, les télés européennes, dans leur couverture orientée de l’événement, ont eu tendance à occulter la dimension réelle de la situation, dépeignant le Maroc sous des traits très peu flatteurs. Dans le rôle du méchant alors qu’il est victime et à la limite de l’impuissance et de la détresse. C’est naturellement que les émigrés clandestins empêchés d’accéder à la “terre promise“ accablent le pays de transit en le chargeant de tous les maux.
Sur cette recherche effrénée de faire pleurer dans les chaumières au détriment d’un traitement objectif de l’information s’est greffée une autre tentative d’instrumentalisation du drame de la part du Polisario et ses protecteurs algériens.
Or, tout le monde sait que l’Algérie n’a rien fait pour essayer de contrer les flux migratoires des Subsahariens transitant par son territoire désertique et qu’elle les a même encouragés pour gêner son voisin.
Quant aux séparatistes, ils sont passés depuis longtemps champions dans les trafics en tout genre y compris d’êtres humains. Rabat n’a de leçons à recevoir ni de l’un ni de l’autre.
Le Maroc ne peut pas jouer au cerbère du Vieux Continent sans que ce rôle ne le fragilise davantage sur la scène régionale. Ce n’est pas non plus une question d’aide financière débloquée ou pas débloquée par l’Union européenne, il s’agit d’une catastrophe humanitaire qui a besoin d’autres solutions. Un plan Marshall pour l’Afrique est une belle idée que les pays développés sortent dans leurs sommets pour se donner bonne conscience. Le continent noir dont le Maroc fait partie n’en finit pas de souffrir de l’hypocrisie des puissants.

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