Éditorial : Triste spectacle

Triste spectacle que celui que nous livre les socialistes depuis le dépôt des candidatures pour les Communales et jusqu’à ce jour. Jamais, ce grand parti qui a enfanté de grands hommes n’est tombé aussi bas par la petitesse de certains de ces militants qu’ils soient à la direction où à la base. Les principes pour lesquels de nombreux socialistes ont subi les affres inhumains des geôles durant les années de plomb sont aujourd’hui sacrifiés sur l’autel de la surenchère et des intérêts personnels. Feu Abderrahim Bouabid risque d’être remué dans sa tombe par ce jeu d’enfants autour d’un précieux héritage de démocratie légué par des grands de ce pays comme lui. Un homme d’Etat qui n’avait que son patriotisme comme capital pour lutter contre le colonialisme et lutter pour l’instauration de la démocratie. Ce visionnaire a payé de sa liberté pour avoir refusé en 1981 le référendum sur le Sahara marocain qui s’avère aujourd’hui obsolète. Cet homme-là, avec toute son envergure, l’estime et l’amitié que lui vouait feu SM Hassan, iI ne demandait rien à personne et s’élevait au dessus de toute ambition personnelle. Il est vraiment écoeurant que ceux qui se réclament de lui aujourd’hui, fassent tout pour ternir l’image d’un parti dont les vrais militants ont tant souffert pour défendre des idées nobles comme les droits de l’homme, la démocratie et la liberté. A tel point qu’on se perd aujourd’hui dans la conjecture quand on essaye de donner une définition à l’USPF. Subit-il une crise identitaire aussi grave jusqu’à confondre la social- démocratie, avec des hérésies révolutionnaires ou islamisantes? Il est difficile pour les gauchistes d’antan, les hommes de gauche d’aujourd’hui de comprendre comment des hommes aussi différents que Forkani, Fkih Basri et bien d’autres peuvent cohabiter dans un parti moderniste avec un Mohamed Elyazghi et la jeune garde qui monte. Il est difficile aussi que ce parti historique souffre encore de graves dysfonctionnements au sein de hautes instances dirigeantes jusqu’à dire la chose et son contraire. On ne comprend pas pourquoi son premier secrétaire, Abderrahamne Youssoufi , garde ce silence assourdissant face à une crise aussi grave. À moins que l’homme ne tienne plus les rênes de son parti, auquel cas il a intérêt à sauver les meubles en prenant une retraite bien méritée pour un militant et un résistant qui n’a plus l’âge d’être au centre de la polémique. Encore faut-il que la direction du parti , encore active, puisse sortir de cette ornière de l’ambiguïté qui ne donne aucune visibilité à un parti qui navigue à vue avec deux sons de cloches médiatiques: Libération et Al ittihad Al Ichtiraki. sa version française prône le participationnisme et la version arabe fustige le gouvernement de critiques acerbes. C’est à croire qu’il existe deux commandants de bords qui donnent des ordres contradictoires dans un navire fragilisé par un début d’émeutes au moment où il prend l’eau de toutes parts . C’est à croire aussi et surtout que les socialistes sont en train de se saborder tout en sachant qu’ils vont à la dérive. Triste réalité socialiste.

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