Éditorial : Un conseil en panne

Éditorial : Un conseil en panne

Dans un pays qui a opté pour le libéralisme comme système économique, les entreprises sont parfois exposées à des pratiques peu saines comme la concurrence déloyale ou les mesures de rétorsion ou de dumping. Ces pratiques pénalisantes pour les sociétés ou les groupes respectueux des règles et des lois en vigueur connaissent une certaine recrudescence à mesure que l’économie du pays concerné se libéralise et s’ouvre davantage sur son environnement intérieur et extérieur. C’est le cas de tous les pays qui ont adopté le système capitalistique et le jeu de la libre concurrence. Le Maroc ne déroge pas à la règle. Sauf qu’il faut mettre en place les gardes-fous nécessaires pour statuer sur les litiges pouvant naître de méthodes contraires au jeu de la compétition saine et loyale.
Conscient de cela, les pouvoirs publics marocains ont créé, sous le gouvernement de Abderrahmane Youssoufi, le Conseil de la concurrence et promulgué par le décret (du 20 décembre 2001) portant nomination du président, en la personne de Othman Demnati et des membres de cette instance qui sont au nombre de 12. L’ancien ministre de l’Économie sociale et de la Mise à niveau a tout préparé, locaux et budget de fonctionnement, pour que cette nouvelle structure puisse exercer ses prérogatives en toute indépendance.
Le dispositif institutionnel est donc en place sauf que ce conseil de haute importance ne fonctionne pas. Pour tout dire, il n’existe que sur le papier dès lors qu’il n’a jamais statué depuis son existence sur une quelconque affaire relevant de ses compétences. On ne l’a pas vu par exemple intervenir sur le dossier toujours en suspens de l’augmentation de la baguette du pain qui relève de son champ d’action. C’est le gouvernement à travers le Premier ministre qui est monté au créneau pour bloquer toute hausse alors que les prix de cette denrée de première nécessité sont libres.
Ça et là, des cas qui attentent à l’esprit du libéralisme comme l’affaire Coca-Cola-Pepsi et d’autres pratiques de la même eau qui sévissent dans le secteur maritime de transport de marchandises se font jour mais aucune réaction du Conseil de la concurrence. Nombre d’entrepreneurs ont tenté d’ailleurs de le saisir sur des cas similaires. Sans succès. Le conseil leur répond à chaque fois par écrit en leur recommandant de recourir à la justice.
En se désintéressant à ce point de choses qui sont au coeur des enjeux d’un exercice sain de toute activité économique ou commerciale , le gouvernement est pris en défaut sur ses propres priorités que sont la création des conditions favorables à une relance de la croissance et à l’assainissement de l’environnement de l’entreprise.
Cette situation d’indifférence ne peut que renforcer le sentiment de frilosité déjà fort chez les opérateurs économiques qui se trouvent privés d’un recours important censé les protéger en cas d’atteinte à l’esprit de libre initiative.
De deux choses l’une : ou le Conseil de la concurrence n’est pas utile auquel cas il convient de décréter sa dissolution ou il peut servir à quelque chose et dans ce cas il faut qu’il fasse le travail pour lequel il a été créé.

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