Éditorial : Une enquête s’impose…

Le cas de l’orphelinat de Mohammedia est emblématique de la situation souvent désastreuse des pensionnaires de ces maisons de bienfaisance dans nombre de coins du pays. En plus des détournements des vivres destinées à cette population démunie, certains responsables peu scrupuleux couvrent les actes de violence dont sont victimes certains orphelins sans défense. C’est le cas de cette vieille femme qui a été violée par un orphelin de 30 ans. Celle-ci décédera 3 mois plus tard. Ce délit reste impuni jusqu’à aujourd’hui. Car les témoins de cette scène obscène qui ont tenté de dénoncer l’agresseur ont dû subir les représailles de l’intéressé et de ses complices. Intimidations, passages à tabac, menaces de mort. Le règne de la peur. Au lieu de porter plainte auprès de la police, les responsables de l’orphelinat étouffent le scandale en protégeant bizarrement le violeur. Par crainte peut-être d’ouvrir la boîte de Pandore qui conduirait à faire leur propre procès. Les agressions sexuelles n’étant qu’un aspect de tout un système qui se nourrit de divers petits trafics illicites et condamnables. En un mot, la loi du silence dans ce cas d’espèce protège d’abord les abus des responsables de ces établissements de bienfaisance. Cette situation installe un climat malsain à l’intérieur de ces derniers et encourage les orphelins à agir en toute impunité sachant qu’ils ne seront jamais inquiétés. Alors, les plus forts s’attaquent aux plus faibles. Comme dans la jungle. Ce n’est pas l’idée que le commun des citoyens a de prime abord de la vie en orphelinat qui compte tenu de la situation précaire de ses membres est censée favoriser la solidarité, la fraternité et l’affection. Or, ce n’est pas parce que les orphelinats accueillent en leur sein des floués de la vie qu’ils sont nécessairement des êtres inoffensifs. En fait, ce qui se passe dans ce genre de centres ne diffère en rien à la vie en société de tous les jours avec ses délits et ses violences. Un orphelinat c’est d’abord des chambres avec nourritures offertes gracieusement aux pensionnaires (passons sur l’état souvent désastreux de ces lieux). Ce qui manque aux orphelinats pour être un lieu où règnent le respect et la sécurité ce sont des responsables rigoureux et stricts qui veillent au respect de la loi en créant des conditions propices à la chaleur humaine et à une vie en communauté moins difficile à supporter. Ces responsables sont appelés à cesser de voir dans ces structures des vaches à lait et dans les orphelins des êtres bons à être maltraités dès lors qu’ils n’ont pas pu créer leur propre foyer. Au moment où la solidarité avec les plus démunis a été érigée en système de valeur au Maroc, il est temps d’accompagner cette dynamique sociale par une clarification du statut des maisons de bienfaisance et par un contrôle draconien de ce qui s’y passe. Des choses pas normales du tout se déroulent dans l’orphelinat de Mohammedia. Une enquête s’impose pour tirer au clair le viol de la vieille femme. Il n’est pas normal que des gens que la vie n’a pas chouchoutés soient exposés à la maltraitance là où ils sont censés trouver un peu d’humanité…

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