Éditorial : Une leçon de courage

C’est dur de vivre un séisme parce que la terre qui nous supporte tremble sous nos pieds et tout s’écroule sur nous. C’est d’autant plus dur que les géophysiciens les plus attitrés de la planète ne peuvent pas prévoir les secousses même dans les zones les plus exposées.
La phobie des séismes n’est pas propre aux seuls habitants d’Al Hoceima. La peur des répliques, la colère contre le retard des secours et des réactions intempestives sont constatées partout dans le monde dans pareil cas. Les victimes d’un tremblement de terre qui ont perdu leur famille et leur bien, ont besoin en premier lieu de soutien psychologique et de réconfort moral.
Un séisme est une catastrophe naturelle qu’il faut gérer par la logistique mais surtout par une présence réconfortante. A preuve le déplacement de SM le Roi Mohammed VI sur les lieux de la catastrophe a changé toute la donne. Un donne, vraie certes , mais souvent exagérée par une presse internationale en mal de scoop. C’est vrai , les secours ont tardé, le gouvernement a cafouillé et la population apeurée s’est sentie abandonnée. Mais ceux qui attendaient des émeutes ont rapidement déchanté quand le Souverain a décidé de s’installer dans un bivouac sur une terre encore en ébullition. Pis encore, toutes les certitudes qu’ils corroboraient depuis la première secousse de lundi , sont transformées en doute après l’arrivée du Souverain.
L’accueil triomphal qu’il a reçu par une population certes meurtrie mais ressuscitée par une présence royale, n’a d’égal que le courage d’un Souverain très proche de son peuple. SM le Roi a défié les répliques telluriques et s’est installé comme tous les citoyens courageux de cette ville dans une tente pour partager leur douleur et les réconforter. On est vraiment désolé pour nos confrères occidentaux, mais la nature du lien qui unit le Roi Mohammed VI à son peuple, leur échappera toujours. La leçon est royale comme la discipline est militaire quand on sait que les FAR ont encore une fois démontré leur expertise dans pareil cas. L’hôpital ambulant dont on a pu relever la technicité il y a quelques années à Agadir avant le départ du contingent marocain pour le Kosovo, est opérationnel à tout moment.
Le génie militaire dans le sens propre du terme se retrouve encore dans cette boulangerie mobile qui est venu lutter contre la pénurie du pain. Le chef suprême des FAR se trouve au front avec ses valeureux soldats sous une tente affrontant tous les risques. Il est évident que les habitants d’Al Hoceima sont plus rassurés avec un présence royale qui dépasse de loin le symbolique.
Le Souverain l’avait dit un jour dans un discours qu’il ne pouvait pas être à la fois ministre , gouverneur ou caïd. Il est malheureux de constater aujourd’hui que le chef de l’Etat assume toutes ses responsabilités à la fois faute de responsables respectueux de leurs responsabilités.

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