Éditorial : Vaincre le Sida

A quelques jours de la célébration de la Journée mondiale du sida, le Maroc découvre un tableau sombre dressé par le rapport annuel de l’Onusida et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Triste situation qu’est celle de cette maladie dans le monde. En quelques chiffres, bien des choses sont dites. Ainsi, chaque jour, quelque 14000 personnes sont contaminées par le virus, dont près de 2000 enfants de moins de 15 ans. Depuis le début de son identification en 1981, le sida aura déjà fait plus de 25 millions de victimes dans le monde. Et le Maroc fait bel et bien partie de ce sombre tableau. Entre 13.000 et 16.000 Marocains sont atteints du VIH.
Le taux est encore beaucoup plus effrayant dans les différents établissements carcéraux. Ce sont en effet 1% de leurs hôtes qui souffrent du Symptôme d’immunodéficience acquise. Des chiffres effarants qui, plus jamais, tirent la sonnette d’alarme. Le mal du siècle existe bel et bien parmi nous. Des familles éclatent, des vies se brisent et des santés s’écroulent suite à un seul moment d’inattention. Une minute de plaisir qui peut tourner tout une vie au mauvais rêve. Un cauchemar que malheureusement, de plus en plus de Marocaines et de Marocains, vivent au quotidien.
Beaucoup, selon les experts de l’organisation onusienne, ont contracté le virus en travaillant. Ce sont en effet «les professionnels du sexe», au féminin comme au masculin, qui se trouvent en première ligne. Et c’est la même situation vécue partout, au Maroc, en Europe et en Amérique. Inutile de prétendre le contraire. Inutile de feindre cette politique de l’autruche qui n’a que trop duré.
Se protéger, est-il facile dans notre pays ? Les préservatifs sont-ils suffisamment disponibles ? Qu’en est-il des actions menées dans ces régions du pays où les chiffres sont nettement plus alarmants ? Sont-elles sujettes à des plans d’action appropriés vu, que l’on veuille ou non, leur caractère touristique ? Des efforts sont certes fournis tous les jours, de sensibilisation et de communication, de la part de départements gouvernementaux et d’organisations non gouvernementales. Mais sont-ils suffisants. la réalité est que l’épidémie du sida continue à surpasser les efforts déployés pour la contenir aux niveaux mondial et national.
Faut-il renforcer le dispositif de sensibilisation ? Faut-il y engager beaucoup plus de fonds et moyens humains? La volonté est en tout cas au rendez-vous.
Devant l’urgence de la situation, il est clair que le développement rapide et surtout efficace de programmes complets de prévention contre le sida est requis. A court terme, cela ne pourrait que mettre toute une population à l’abri de ce mal, mais à long terme, cela servirait à  écarter des générations du chemin d’une épidémie qui hante de jour en jour d’avantage de pays. Le sida fait peur. A tout le monde. Mais ce n’est point une raison de le laisser gagner du terrain.

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