Elevé pour régner

À la troisième année de son règne, Sa Majesté le Roi Mohammed VI est en train de faire une éloquente démonstration des vertus d’une éducation qu’il a reçue de son auguste père spécifiquement, mais aussi de sa filiation alaouite, en terre marocaine, en général; l’éducation d’un prince, puis d’un prince héritier destiné à être roi.
Le métier de Roi, se plaisait à dire feu S.M. Hassan II, est un métier qu’on apprend sur le tas. Mais il n’en croyait pas moins qu’on s’y préparait très tôt et qu’on se dotait d’un certain nombre de dispositions et de postures qui y prédestinent.
Ce fut l’un des soucis majeurs qu’eût le regretté Mohammed V, père de l’indépendance nationale, qui dit, un jour, à des interlocuteurs qui semblaient lui reprocher la rigueur avec laquelle il orientait l’éducation de son fils aîné, Moulay Hassan, qu’il lui était impératif de donner un futur roi au Maroc et non pas un simple prince de sang.
Lorsque Mohammed VI s’installa sur le trône alaouite, à la mort de son père, il eut la lourde tâche de présider aux destinées du Royaume à un moment crucial de son histoire. Il dut hériter du règne d’un père qui a marqué l’histoire du pays, de la région, voire du monde, de sa forte personnalité. Mais il a dû également adapter son style, tout à fait différent de celui de son prédécesseur, aux charges de la fonction : assurer la continuité tout en introduisant les réformes et les aménagements les plus compatibles avec son profil et sa propre vision des choses, préserver la «Amana», ce dépôt en confiance que constitue l’allégeance d’un peuple à son monarque, renforcer le pacte multiforme que la monarchie entretient avec le peuple, que ce soit directement via des canaux symboliques et spirituels, ou bien à travers l’organisation politique et sociale moderne, par le biais des institutions dont le roi constitue la clé de voûte. Ainsi, on a vu le souverain à l’oeuvre, dans la proximité qu’il a voulue comme l’un des traits majeurs de son règne, dans la facilité du contact qu’il a avec les populations, dans sa façon méticuleuse et extrêmement attentive de s’enquérir de la vie des gens, dans l’immense capacité d’écoute dont tous ceux qui ont eu le privilège de l’approcher le créditent, ainsi que par l’énergie et le dynamisme qu’il imprime à son action et qui font qu’il soit souvent contrarié par les signes de lenteur ou de tergiversation qu’il constate chez telle ou telle administration ou tel ou tel groupe de travail. Mais le domaine où cette éducation qui prédestinait Mohammed VI à assumer les nobles fonctions de chef d’État s’est magistralement déployée, c’est sans conteste le domaine de la politique étrangère et l’aura que le souverain a acquise sur le plan international. Il faut dire que l’année actuelle a été riche en évènements mondiaux d’importance capitale.
Le plus bouleversant est sans conteste l’explosion de violence aveugle lors des attentats terroristes de New York et de Washington et l’escalade qu’Israël a imprimée à sa politique de destruction massive en Palestine et de crimes de tous ordres contre les populations civiles.
Dans ces deux grands dossiers, qui entretiennent obligatoirement un certain nombre de liens, directs ou indiscrets, le Maroc, sous la conduite audacieuse et volontariste de son souverain, a été sans équivoque dans sa démarche et ses prises de position.
Condamnation sans ambiguïtés du terrorisme international, quels qu’en soient les auteurs, et défense sans retenue des droits légitimes du peuple palestinien martyr.
Dans le prolongement de ces prises de position, S.M. le Roi n’a cessé de prôner une culture de la tolérance et de l’ouverture, tant au niveau national que dans le nécessaire rapprochement des cultures et des civilisations. Et dans cette oeuvre de longue haleine, le souverain ne cesse d’amener le Maroc vers une attitude exemplaire en la matière en faisant en sorte que les Marocains vivent leur religion et les valeurs spirituelles fondatrices de leur identité dans un esprit d’ouverture sur leur environnement régional et international. Une synthèse entre l’attachement à notre authenticité et l’arrimage de notre pays à la marche du progrès et de la modernité. En cela aussi, S.M. le Roi Mohammed VI fait honneur, avec son tempérament style propre à l’éducation qu’il a reçue et à la profonde imprégnation qui est la sienne par rapport au creuset de la culture et de la civilisation marocaines qu’il incarne si dignement.

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