Eneko Landaburu : «Le Statut avancé a été accordé au Maroc en reconnaissance de ses réformes initiées depuis les années 2000»

Eneko Landaburu : «Le Statut avancé a été accordé  au Maroc en  reconnaissance de ses réformes initiées depuis  les années 2000»

ALM : Depuis octobre 2008, le Statut avancé n’a pas fait de grands progrès. A quoi cela est-il dû ?
Eneko Landaburu : Le Statut avancé a connu beaucoup de réalisations: ainsi, au niveau du dialogue politique renforcé, il y a quelques jours, la commission mixte parlementaire Maroc-Union européenne s’est de nouveau réunie à Rabat. Le Maroc et l’Union européenne ont signé, il y a quelques mois, le protocole permettant au Royaume d’intégrer des agences européennes.
Dans ce sens, le Comité économique et social européen et son homologue marocain viennent de signer un accord de partenariat. Côté convergence réglementaire et normative, un programme  «Réussir le Statut avancé» a été signé dernièrement entre le Maroc et l’Union européenne, ce qui va permettre de donner du corps et de la dynamique au processus de rapprochement des législations marocaine et européenne, là où le Maroc le décidera. Ce qui devrait permettre une intégration économique plus poussée du Maroc au sein du marché intérieur de l’Union européenne.

Quelle place le Maroc occupe-t-il dans la politique étrangère de l’UE ?
Le Maroc et l’Union européenne ont des relations fortes depuis des décennies et ce partenariat n’a fait que se renforcer au fil des années. J’en veux pour preuve le document conjoint sur le Statut avancé signé en 2008 qui a marqué une volonté d’approfondissement de ces relations, dans le cadre de la Politique européenne de voisinage. Ce statut a été accordé au Maroc en reconnaissance des réformes initiées par le Royaume depuis les années 2000. Le Maroc a réitéré son intérêt pour ce partenariat avec l’Europe, partenariat dense et diversifié, dans un rapprochement des valeurs ancrant la démocratie et l’Etat de droit. Ce sont environ 200 millions d’euros de dons par an qui sont attribués au Maroc pour le soutien des réformes mises en place par les autorités marocaines.

Comment envisagez-vous les relations entre l’UE et le Maroc, surtout dans le contexte du Printemps arabe et de la réforme de la Constitution ?
Les relations entre l’Union européenne et le Maroc ne peuvent qu’être envisagées positivement dans la mesure où le Maroc fait preuve de beaucoup de dynamisme et de volonté réformatrice. Après le Printemps arabe, l’Union européenne a revisité sa Politique européenne de voisinage afin de soutenir les réformes démocratiques dans les pays du sud de la Méditerranée et l’émergence d’une société civile forte. Un engagement européen qui se traduit par plus de soutien pour plus de réformes et le Maroc est un des pays les plus impliqués dans cette politique.

Le renouvellement de l’accord de pêche tarde toujours à voir le jour. Pourquoi à votre avis?
Après le refus du Parlement européen de ratifier le protocole de l’accord de pêche, il a fallu attendre que les Etats membres donnent mandat à la Commission pour relancer des négociations avec le Maroc dans un contexte de partenariat exigeant et vigilant.
Les résultats des contacts préalables qui ont été tenus entre les deux parties sont satisfaisants et sont appelés à jeter les bases solides pour les prochaines négociations du nouveau protocole d’accord. Nous espérons que ces négociations démarreront après l’été.
Une fois que celles-ci seront finalisées, et le protocole signé, celui-ci entrera en vigueur lorsque le Maroc et l’Union européenne lui auront fait passer la procédure de formalisation et de ratification au sein de leurs institutions respectives.

Peut-on parler d’impact de la crise économique en Europe sur sa relation avec le Maroc ?
La crise économique et financière mondiale a forcément un impact sur le Maroc. N’oublions pas que l’Union européenne est le premier investisseur mais aussi le premier partenaire commercial du Royaume. Pour les deux, il y a effectivement une baisse qui est sensible du fait des problèmes financiers de nombreux Etats membres. Néanmoins, les montants dédiés à la coopération ne devraient pas changer à la baisse: dernièrement des montants supplémentaires ont été dégagés pour les pays de la rive sud de la Méditerranée suite au Printemps arabe pour toute action touchant à l’approfondissement de la démocratie, de la dynamisation de la société civile et de l’économie solidaire.

La quatrième commission parlementaire mixte Maroc-UE a été tenue la semaine dernière à Rabat, quels sont les thèmes qui ont été abordés?
Il s’agit de la première réunion après les élections législatives et l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution au Maroc. Elle marque la reprise des travaux de cet organe important pour la coopération politique entre le Maroc et l’Union européenne. Au cœur des discussions : l’identification des thèmes prioritaires qui constitueront la feuille de route pour les travaux des parlementaires dans les mois à venir.
Parmi ces dossiers figurent le «partenariat pour la mobilité» visant notamment à faciliter le mouvement des personnes entre le Maroc et l’Union européenne, l’accord de pêche, la mise en œuvre de la nouvelle Constitution et les réformes politiques et le processus de régionalisation avancée. Les parlementaires ont également examiné l’avancement de l’intégration régionale au Maghreb et appellent de leurs vœux la tenue du sommet de l’UMA prévu le 10 octobre à Tunis avec l’ensemble des partenaires.

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