Energie : la libéralisation se met en ordre de marche

Energie : la libéralisation se met en ordre de marche

Organisé à Skhirat, lundi 30 octobre 2006, le débat national sur l’énergie aura au moins le mérite de montrer la concordance de vue des acteurs politiques et économiques sur la question de la libéralisation. Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre a rappelé cette exigence devant plus d’un millier de personnes appartenant à des organismes divers dont l’ONE (Office national de l’électricité), l’ONHYM, et le secteur privé.
«Le gouvernement est convaincu que le développement du secteur de l’électricité est lié aussi à sa libéralisation progressive», déclare M. Jettou. Pour ce faire, les projets de textes législatifs et réglementaires relatifs à cette réforme stratégique, notamment le nouveau code d’électricité, sont en cours d’approbation.
Mieux encore, en vue d’encourager l’auto-production et consolider les efforts de développement des sources d’énergie locale, un projet de loi portant le plafond d’auto-production autorisée de 10 à 50 MW est en cours d’approbation. Ce qui, selon le Premier ministre, incitera à attirer les investisseurs dans le domaine. Présent à cette rencontre, le président de la CGEM, Moulay Hafid Elalamy a pour sa part réitéré les attentes du patronat, à savoir «disponibilité de l’énergie, diversification des sources d’approvisionnement (à travers par exemple l’introduction du gaz naturel) et la maîtrise des coûts de l’énergie, point essentiel pour une meilleure compétitivité».
Le président de la Fédération de l’énergie, Abdallah Alaoui insistera sur la libéralisation de l’énergie, appelant à l’adoption d’une «politique de vérité des prix des produits pétroliers et gaziers ». Ce qui pour le président de la Fédération passe par évidemment par «la remise
à plat de la compensation et des subsides alloués en vue de faire jouer pleinement une concurrence loyale entre toutes les ressources d’énergie». Pour les opérateurs, après une première étape de libéralisation du marché national, le Maroc doit privilégier l’interconnexion avec les marchés voisins. La réforme devra à terme aboutir sur la mise en place de la vérité des prix. L’Etat doit se départir de la tendance à considérer l’approvisionnement en énergie comme un service social dont le prix ne reflète pas le coût. «Nous défendons la suppression des subventions qui faussent les prix à long terme, parce que l’énergie n’est pas un bien public gratuit ou à caractère social». Pösition qui veut à M. Alaoui, une réplique d’un député PJD, si cette libéralisation profitera aux petits consommateurs et si en définitive, il faudrait supprimer les subventions ou revoir les taxes appliquées au secteur. Débat qui sera renvoyé aux ateliers.
Dernier à intervenir, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohamed Boutaleb a rappelé aux opérateurs
du secteur  la baisse de la TVA de 20 à 7%  au titre de la loi de Finances 2007.  
Avant d’accoucher des recommandations, la journée a été marquée par la signature de quatre conventions, portant respectivement sur la «promotion et le développement de l’utilisation des Energies renouvelables et de l’efficacité énergétique», «l’appui à la création des Maisons Energie», promotion et application des énergies renouvelables et gestion rationnelle de l’énergie dans le secteur agricole et des pêches maritimes» et «promotion et développement  de l’efficacité énergétique dans l’éclairage».
A noter que deux experts internationaux, Claude Mandil de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et Paul Bristol du London Oil Club ont participé à cette conférence, en présentation des projections de la consommation mondiale d’ici 2030.

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