Énergie : Le gouvernement prépare un plan face à la flambée des cours du pétrole

Aggravation du défit commercial, surcoût de production affectant la compétitivité des entreprises, ponction sur le revenu des consommateurs… Le renchérissement durable des cours pétroliers s’avère défavorable pour l’économie nationale. C’est ce que vient d’affirmer, encore une fois, la Direction des études et des prévisions financières relevant du ministère des Finances et de la Privatisation. Dans une étude intitulée « Développements récents sur le marché pétrolier mondial. Quelles incidences sur le Maroc? », cette direction met en exergue les effets négatifs liés à la flambée des prix de l’or noir. Une flambée « qui rend nécessaire d’accélérer la mise en place d’une stratégie énergétique cohérente visant à relever les défis de développement du secteur de l’énergie au Maroc ».  En fait, le Maroc affiche une forte dépendance énergétique. La dépendance est quasi-totale vis-à-vis du pétrole et du charbon qui interviennent à près de 92% dans la consommation d’énergie au Maroc en 2005. Pour cet exercice, le département de Fathallah Oualalou s’attend à trois scénarii (Voir tableau). «La dépendance pèse ainsi sur les marges de manœuvre de la politique économique et conditionne dans une certaine mesure les perspectives de croissance de l’économie nationale», précise-t-on dans cette étude. Dans ce sens, le Maroc a conclu un prêt de politique de développement du secteur de l’énergie (PPD Energie) d’un montant de 100 millions de dollars avec la Banque mondiale.
Par ailleurs, la réforme du secteur énergétique marocain «devrait tirer profit de la coopération avec l’Union européenne» dans le cadre de la politique de voisinage. À cet effet, un budget de 40 millions d’euros est programmé en 2008. «Outre le renforcement de la sécurité des approvisionnements et la diversification de l’offre énergétique, l’objectif de ce projet est d’aboutir à une intégration progressive du secteur énergétique national dans les marchés électriques et gaziers euro-méditerranéens», selon cette étude.
Pour les énergies renouvelables, l’on s’attend à ce que le Royaume bénéficie du protocole de Kyoto. «Le Maroc devrait tirer avantage du Mécanisme de développement propre (MDP) qui est un mécanisme financier d’incitation à la réalisation de projets et d’activités qui réduisent les émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’acquérir des crédits en retour, notamment dans les secteurs des énergies renouvelables et d’efficacité énergétique». Sur le dossier de l’exploration et de la prospection pétrolière, les analystes de la Direction des études et des prévisions financières semblent être optimistes.
«Bien qu’aucune découverte majeure ne soit annoncée jusqu’à présent, l’avenir de la prospection pétrolière reste prometteur. L’intensification de la prospection pétrolière, en misant sur les potentialités de l’offshore profond, accroîtrait les chances d’une découverte d’hydrocarbures qui serait de nature à transformer structurellement la situation énergétique marocaine», conclut-on.


Le PPD Energie en bref

Les réformes proposées dans le cadre du PPD Energie visent entre autres la réforme du cadre institutionnel, législatif et réglementaire pour l’amélioration de la qualité des combustibles et des carburants, ainsi que le développement de l’utilisation du gaz naturel, la promotion des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. De plus, ce même PPD ambitionne de renforcer la
sécurité d’approvisionnement en énergie moyennant une stratégie de diversification efficiente et une plus grande intégration régionale du réseau électrique.

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