Enquête : Comment le «clan espagnol» du Polisario tente de protéger ses intérêts financiers après l’engagement du processus de Manhasset

Enquête : Comment le «clan espagnol» du Polisario
tente de protéger ses intérêts financiers après l’engagement du processus de Manhasset

Comme chaque année, depuis plus de trente ans, les associations de soutien au Polisario s’activant sur le territoire espagnol ont organisé des voyages au profit de certains enfants sahraouis des camps de Tindouf. Mais, cette année, l’opération a un intérêt qui va au-delà de la simple propagande. La manne financière que constituent les subventions et les aides humanitaires accordées par les gouvernements autonomes et les mairies espagnoles à la délégation du Polisario à Madrid est en chute libre depuis trois ans. Une sorte de stimulation de la fibre humanitaire de l’opinion publique espagnole était donc nécessaire.
Des spécialistes des affaires polisariennes en Espagne estiment cette chute à plus de 70%. Les subventions financières accordées directement ou indirectement à la soi-disant cause sahraouie par les gouvernements autonomes avoisinaient les 7 millions d’euros. Sans oublier les aides en nature et qui sont détournées vers les marchés des pays voisins comme la Mauritanie et le Mali. Le total des sommes accordées au Polisario par les mairies seulement s’estime à quelque 16 millions d’euros par an. «En 2007, à trois mois de la fin d’année, ces subventions n’ont pas encore atteint 2 millions d’euros», indique une source informée. La plus grande somme accordée au Polisario en 2007 s’élève à 154.745 euros. C’est la mairie d’Alcorcon (région de Madrid) qui a accordé ce montant aux responsables du Polisario en Espagne notamment pour construire un siège administratif dans les camps de Tindouf. Un siège qui ne verra certainement pas le jour à l’instar de plusieurs centaines de faux projets qui ont servi de prétexte pour détourner des fonds qui alimentent les comptes des dirigeants du Polisario en Espagne, en France et même au Mali. Parmi les projets qui ont convaincu les membres du conseil communal de cette petite localité d’allouer ce budget au Polisario, la partie réservée à l’amélioration des conditions de vie des enfants des camps de la honte. Ainsi, Alcorcon a destiné 70.250 euros à la construction d’infrastructures au profit des enfants de Tindouf.
Mais, la petite mairie d’Alcorcon est une exception. Depuis près de trois ans, les choses ont commencé à changer et la propagande polisarienne ne fait plus le même effet. «Depuis que la proposition faite par le Maroc d’accorder une autonomie à la région du Sahara dans les médias, et depuis que l’opinion publique intéressée a commencé à découvrir l’existence de Sahraouis unionistes qui pensent d’une manière différente de celle du Polisario, les choses ont changé», explique un analyste espagnol avant d’ajouter : «le début du processus de Manhasset a tué l’élément de base de la propagande sahraouie puisqu’il a montré qu’il existe une possibilité de mettre fin à la souffrance de la population de Tindouf».
Mais, les observateurs s’accordent à dire que s’il existe une frange de la direction du Polisario et des responsables algériens qui feront tout pour bloquer ou, au moins, retarder l’aboutissement du processus de Manhasset, ce sont les membres du «circuit de Las Palmas » dont les intérêts financiers seront menacés en cas de solution du conflit. «Si Brahim Ghali, le représentant du Polisario à Madrid, a rejoint la délégation des négociateurs polisariens lors du deuxième round de Manhasset, c’est bien pour veiller à faire prévaloir les intérêts de ce clan du Polisario», explique un spécialiste des affaires polisariennes. Un clan dont le principal membre est Mohamed Abdelaziz lui-même mais qui est aussi composé de membres influents comme Mohamed Lamine Bouhali.
Si le clan de l’Espagne essaye par tous les moyens de tenir bon face à la volonté à peine voilée de la majorité de la direction du Polisario d’avancer sur la voie de l’autonomie, c’est qu’il veut s’assurer que ses « intérêts » seront sauvegardés. «Ils savent qu’ils n’ont pas d’avenir politique dans le cadre d’une vie démocratique au sein de l’autonomie. La concrétisation de cette dernière signifie leur mise à la retraite. Ils veulent donc s’assurer, au préalable, qu’ils seront compensés d’une manière ou d’une autre», indique un universitaire sahraoui. 


 

Des enfants exploités à des fins politiques 

Alors qu’ils s’apprêtaient à prendre l’avion de Barajas à Madrid pour rentrer dans les camps de Tindouf après avoir passé des vacances en Espagne, 250 enfants sahraouis ont été surpris de découvrir que l’avion affrété par les Algériens pour les rapatrier avait une capacité de 100 sièges seulement. «Il s’agit d’une erreur», ont expliqué les organisateurs. Ce qui n’est pas vrai. Selon un journaliste espagnol, tout a été planifié pour provoquer une réaction des médias. La preuve : le lendemain, tous les journaux affichaient les photos des enfants «bloqués à l’aéroport de Madrid». Les organisateurs en profitent pour annoncer une nouvelle date de départ : le mercredi 29 août. Ainsi, ils étaient sûrs d’avoir une multitude de reporters. C’est ce qui s’est passé. Le même jour, à savoir le mercredi, une manifestation est organisée devant le consulat du Maroc à Las Palmas. Des enfants ont été conduits devant la représentation du Royaume afin de répéter des slogans anti-marocains qu’on leur avait appris la veille. Une exploitation politique de mineurs qui est pourtant interdite par toutes les chartes internationales de défense des droits de l’enfant.

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