Entrave démocratique

Les législatives algériennes du 30 mai ne semblent pas se profiler sous le meilleur des horizons. Les analystes redoutent déjà un taux d’abstention considérable. Le dernier sondage, publié mercredi par le quotidien algérien « Al Watan » fait ressortir une proportion de 38 pc des algériens qui ne comptent pas se rendre aux urnes le jour du scrutin.
Une abstention massive qui serait l’illustration d’une campagne électorale plutôt terne, marquée par des panneaux d’affichage en partie vides, des meetings désertés et surtout les appels répétés au boycott lancés par la coordination des Arouchs de Kabylie et relayés par plusieurs partis politiques, entre autres, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), le Front des forces socialistes (FFS) et le Mouvement démocratique et social (MDS). L’Algérie post-législatives du 30 mai ne promet donc pas d’être ce partenaire évoluant dans la paix et la sérénité qui pourrait donner son plein élan à la construction de l’Union du Maghreb arabe (UMA), dont le septième sommet est prévu à Alger les 20 et 21 juin prochain.
L’UMA, réponse logique et fatale à la mondialisation, ne saurait être ce pôle régional actif que l’on souhaite, sans des composantes inscrites dans un registre de paix sociale et de développement économique. Or, l’Algérie qui, de par ses nouveaux rapports avec l’Europe, est obligée de passer d’un étatisme quasi-stalinien au libéralisme salvateur mais en même temps cruel, qu’impose sa posture, ne saurait faire l’impasse sur une paix sociale passant nécessairement par les urnes. Il se trouve que de l’avis même de certains de ses responsables, entre autres Ghazi Hidouci, ancien ministre de l’Economie dans le gouvernement conduit par Mouloud Hamrouche de septembre 1989 à juin 1991, le déficit démocratique et l’absence d’une base politique, n’ont guère laissé au pays la possibilité de faire ses choix économiques face à une Europe qui exige la mise à niveau et à un Maghreb qui nécessite des moteurs performants.
Depuis les années 90, estime cet économiste, aucun débat véritable n’a eu lieu en Algérie sur les choix d’une politique interne et ceux d’une stratégie économique internationale. Ce n’est sûrement pas à l’issue de consultations recueillant déjà la démission de larges franges de la classe politique, que ces choix seront plus plausibles.
L’UMA dans ces conditions, si proche soit-elle politiquement, trébuche sur le dur terrain des réalités économiques. Un nouvel argument, face auquel le prétexte du Sahara marocain est largement dépassé. Tant, dans le monde de l’après 11 septembre, il n’y a pas de place pour un nouveau foyer à risque dans une région si prometteuse.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *