Entre les discours et la réalité

Le constat fait l’unanimité auprès des milieux d’affaires. Les grandes orientations économiques tracées par le Souverain depuis son ascension au Trône ne se traduisent pas au niveau des lois de Finances. Ces directives ont été d’ailleurs appuyées par les opérateurs économiques qui attendaient de l’exécutif des mesures appropriées pour relancer la machine de l’investissement et celle de la croissance économique. Il se trouve que le gouvernement d’alternance a favorisé, durant son mandat, le respect des équilibres fondamentaux au détriment de la croissance économique.
A ce propos, son bilan est en deça des attentes : le chômage continue de faire des ravages et les investissements ne sont pas au rendez-vous. On s’attendait à ce que le projet de loi de finances 2003 inaugure une rupture dans la gestion de l’économie du pays. Il n’en est rien. L’investissement public ne sera pas revu à la hausse. Il est situé aux alentours de 64 milliards de DH. Pourtant, celui-ci est un levier pour la croissance économique. Pis, au titre du prochain exercice, les dépenses de fonctionnement enregistreront une hausse (3,7%), alors que les dépenses d’investissement accuseront un recul de 2% par rapport à 2002. De l’avis des experts économiques, il y a lieu de trouver des nouveaux mécanismes pour réduire les dépenses de fonctionnement. Pour l’heure, celles-ci représentent 13% du PIB (Produit intérieur brut). Si l’on en juge par les standards internationaux, ces dépenses ne dépassent pas 7 à 8% du PIB.
Réduire la masse des dépenses de fonctionnement, nécessite une remise en cause de la gestion des affaires économiques. La prudence reste toujours de mise. Ce sera au prochain gouvernement de s’attaquer à cette question. Le projet de loi de Finances 2003, tel qu’il est conçu, sera-t-il validé par le nouveau Exécutif ?, s’interrogent aujourd’hui plusieurs analystes économiques. On le saura dans les prochains jours voire les prochaines semaines. Une chose est sûre : l’investissement et la création de l’emploi constituent l’un des axes majeurs de la politique de ce gouvernement. Des axes qui figurent dans le discours royal prononcé à l’occasion de l’ouverture de la première année de la 7ème législature : «Nous ne pourrons fournir de l’emploi aux larges franches de notre jeunesse qu’en réalisant le développement économique nécessaire, lequel reste tributaire de l’incitation à l’investissement, oui l’investissement, toujours l’investissement».
Dans le discours royal, on peut lire : «La réalisation de cet objectif passe par le respect de règles de bonne gouvernance de la chose publique, la mise en oeuvre rapide et en profondeur, de réformes administratives, judiciaires, fiscales et financières, le développement rural et la mise à niveau des entreprises –en mettant l’accent sur les secteurs où nous disposons d’atouts et bénéficions d’un avantage en termes de compétitivité et de productivité». «Le décollage économique et la création d’emplois productifs ne peuvent se faire sans la mise en oeuvre optimale de la réforme du système d’éducation et de formation, car malgré les étapes franchies en la matière, le plus difficile reste à faire à savoir la réforme qualitative de la formation, l’éradication de l’analphabétisme, tout en engageant avec courage, la recherche de nouvelles ressources financières». Autant de chantiers sur lesquels, le nouveau gouvernement devra se pencher en priorité.

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