Entre promesses gouvernementales et coût budgétaire

C’est à l’issue de son Conseil, réuni le jeudi, que le gouvernement a appelé à la reprise des négociations avec les syndicats de l’enseignement fondamental et secondaire. Cette initiative, survenue à deux jours de la date de la grève annoncée par les trois centrales syndicales, CDT, UGTM et UMT dans le domaine précité, a suscité diverses réactions de la part des interlocuteurs du gouvernement. Celui-ci, dit-on, du côté de la centrale proche du Parti de l’Istiqlal, tente de contourner le débrayage à travers des manoeuvres appelant à des négociations qui pourraient s’avérer sans effet, étant donné que la loi de Finances est déjà votée. Mais, tel n’est pas l’avis du SNE qui considère, que de par les expériences passées, l’Exécutif a toujours la possibilité de puiser techniquement dans certaines caisses, comme celle consacrée aux catastrophes imprévues. Des sceptiques ne voient dans cette démarche qu’une manoeuvre à même d’aider les adversaires du secrétaire général de la CDT à redresser l’équilibre des forces au sein du syndicat, en leur faveur. Mais cette approche n’est pas partagée par tout le monde. Car, affirme-t-on dans le rang des alliés au dialogue, la grève n’est jamais une fin en soi. Cela dit sur la démarche en ce qui concerne la forme, pour ce qui est du contenu des débats, Benjelloun Andaloussi, dirigeant de la FAE-UGTM (Fédération autonome de l’enseignement), la séance du dialogue, qui devrait commencer, hier à 15 heures, constitue une occasion pour poser un certain nombre de questions au gouvernement. A titre d’exemple, est-il en mesure de répondre aux doléances des grévistes et définir les modalités et la date de leur réalisation ? De surcroît, conformément aux dispositions des accords conclus les 10 et 11 décembre 2000, il est impératif pour le gouvernement s’il veut sauvegarder la face et préserver la paix sociale, de commencer dès le premier janvier 2002 à entamer la phase d’exécution desdits accords, notamment en ce qui concerne la révision du statut de 1985 et l’amélioration du régime des indemnités. En ce qui concerne le premier volet, l’UGTM réitère sa position relative à la révision globale du statut et au redressement progressif, c’est-à-dire de la situation précaire dans laquelle se débat le personnel enseignant. Une situation due en grande partie, précise-t-il, aux contradictions des différents statuts, comme c’est le cas par exemple pour les dispositions régissant les centres de formation ou certaines catégories telle celle des inspecteurs de l’enseignement. Pour ce qui est de la question des indemnités et leur enveloppe budgétaire, estimée à quelque 600 milliards de centimes, M. Andaloussi demande d’abord leur généralisation à tous les échelons et l’égalité des chances de promotion pour l’ensemble des cadres de l’Education nationale ; faute de quoi tout le scénario du dialogue serait vain pour gagner du temps et embrouiller de nouveaux les cartes. Contrairement à cette approche critique, Taeib Mounchid, un des dirigeants les plus en vue du SNE-CDT (Syndicat national de l’enseignement) remet les pendules à l’heure. «Cette initiative devait avoir lieu, il y a au moins trois mois, puisqu’elle ne fait que mettre en oeuvre des dispositions d’un accord tenu depuis deux ans, dont les principaux points portent sur l’adoption d’un nouveau statut et l’amélioration du régime indemnitaire». Selon ses accords, ajoute-t-il, il est convenu de répartir l’échéance de réalisation des doléances du personnel enseignant sur deux étapes. Or, dès l’amorce de la deuxième phase touchant aux questions d’ordre financier, les tergiversations gouvernementales sont devenues pratique courante. Et de préciser : «ce qui compte pour l’instant c’est de connaître la réponse du ministère des Finances, en ce qui concerne les indemnités, ainsi que celle du ministère de la Fonction publique pour ce qui est de la révision du statut. D’ailleurs, a-t-il conclu, sur le plan strictement financier, il ne devrait pas y avoir de grands problèmes étant que l’application des accords précédant devrait porter sur un délai non moins de quatre ans.

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