Entretien avec Mohamed El Ansari : «Il est tout à fait normal qu’il y ait entre le PAM et l’Istiqlal une querelle»

Entretien avec Mohamed El Ansari : «Il est tout à fait normal qu’il y ait entre le PAM et l’Istiqlal une querelle»


ALM : Quel commentaire faites-vous de la bataille parlementaire entre le parti de l’Istiqlal et le PAM?
Mohamed El Ansari : Je pense que ce qui s’est passé dernièrement à la Chambre des conseillers notamment, le rejet, dans un premier lieu, du budget dédié au département de l’Equipement avant que les choses ne rentrent dans l’ordre par la suite, traduit une polémique juridique, politique et constitutionnelle à propos de la manière d’application des dispositions du règlement intérieur de la Chambre des conseillers. Un règlement qui engage tous les partis. Le Parlement constitue un espace de débat et d’échange. Les groupes parlementaires sont habilités à exprimer librement leurs positions et leurs convictions. Tout parti politique est censé défendre sa vision des choses, notamment en présentant les arguments qui paraissent pertinents, pour se démarquer des autres partis et faire valoir son programme politique. Et c’est l’opinion publique qui juge en dernier lieu.

Cette polémique serait-elle bénéfique pour la pratique démocratique?
Si tous les partis politiques disaient la même chose et partageaient les mêmes positions et convictions, on serait tombé dans un régime à parti unique. Alors que le Maroc, depuis sa première Constitution datant de 1962, a consacré le principe du multipartisme. La confrontation des idées, des programmes politiques et des visions, constitue l’essence même de la règle démocratique.

Certains dirigeants de l’Istiqlal critiquent ouvertement le PAM. Qu’en pensez-vous?
En fait, chaque membre du parti demeure libre d’exprimer librement ses idées. Mais le parti de l’Istiqlal a une direction politique chapeauté par un secrétaire général dans le cadre du comité exécutif du parti. Ainsi, les positions officielles et celles qui engagent le parti, sont exprimées à travers des communiqués rendus publics par ce comité.

Le bras de fer entre l’Istiqlal et le PAM pèse désormais sur la commission d’enquête de Laâyoune. Qu’en dites-vous?
Il ne faut surtout pas faire l’amalgame entre deux choses qui sont différentes. Notre première cause nationale, l’intégrité territoriale du Maroc, ne doit absolument pas faire l’objet de surenchère interne. Il y a une unanimité nationale à propos de ce dossier. Nul n’est censé utiliser cette affaire à des fins politiciennes étriquées. Cela dit, chacun sait que le Parti de l’Istiqlal et le PAM sont deux partis différents du point de vue idéologique. Il est donc tout à fait normal qu’il y ait toujours entre le PAM et l’Istiqlal une querelle qui ne sort pas du cadre juridique et politique tracé par la Constitution. Ainsi, on ne peut nullement parler de guerre ou de bataille entre ces deux formations.

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