Entretien avec Moussa Sirajeddine : «Le peuple ne laissera aucune partie l’influencer par un quelconque subterfuge»

Entretien avec Moussa Sirajeddine : «Le peuple ne laissera aucune partie l’influencer par un quelconque subterfuge»


ALM : Quelle est la position du Mouvement du 20 février par rapport au projet de la nouvelle Constitution ?
Moussa Sirajeddine : Notre position par rapport au nouveau projet de la Constitution va de pair avec celle du peuple. En tant que membre indépendant et fondateur du 20 février-section Casablanca, j’estime qu’il n’est pas du ressort d’aucune tendance politique ou idéologique du mouvement d’imposer sa position à la population ou aux autres membres. Parce que le 20 février est avant tout une force de contestation qui interagit avec les revendications des citoyens, non pas qui les oriente dans une direction quelconque. Sinon quelle serait notre différence par rapport à un parti politique qui lui a le droit à une plage horaire dans les médias publics spécialement pour appeler à voter «Oui» ou «Non» à la Constitution ? ! Le peuple a revendiqué une Constitution démocratique qui respecte sa dignité, il a été écouté. Maintenant à lui de répondre en toute responsabilité et liberté de conscience.

Pourquoi le mouvement n’a pas une position unanime ?
On a assisté depuis le 20 mars à une déviation du mouvement. Les comités de soutien notamment Al Adl Wal Ihssane et les gauchistes se sont accaparés du mouvement devenant ainsi ses principaux décideurs et voulant imposer leur opinion à tous y compris au peuple. Chose que refuse d’avance ce dernier. Avant, les assemblées plénières étaient dirigées par les indépendants en présence d’un représentant de chaque comité de soutien. Aujourd’hui, c’est le contraire. Les disciples de la Jamaâ autant que les autres courants de gauche radicale envahissent massivement les réunions et imposent par la force du nombre leur choix sous la couverture du mouvement. C’est pour cela que parfois ces réunions ne sont pas exemptes de conflits musclés entre les membres du mouvement.

Comment les indépendants du 20 février comptent remédier à cette récupération du mouvement ?
C’est dans ce contexte que nous avons organisé une rencontre nationale de concertation des indépendants dimanche 19 juin à l’issue de laquelle nous avons appelé à la création d’une coordination nationale des indépendants. Nous avons insisté sur la nécessité de revenir à la légitimité première du mouvement, ses fondamentaux et à la raison pour laquelle il a été créé. C’est-à-dire comme aux débuts, manifester en interaction avec le peuple et sa volonté et évoluer à mesure que ses revendications sont prises en compte ou non. On a aussi appelé à un recul des comités de soutien par rapport à la décision, sinon on risque de voir se tourner contre nous le peuple qui a une position bien claire et hostile par rapport à Al Adl Wal Ihssane ou ceux qui appellent à une république. Dans ce sens, je crois fermement à l’exception marocaine qui réside en l’intelligence du peuple qui ne laisse aucune partie lui imposer une opinion ou l’influencer par un quelconque subterfuge.

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