Et maintenant ?

Enfin libre. Yasser Arafat, visiblement fatigué, a quitté, jeudi 2 mai, son quartier général de Ramallah où il était assiégé depuis près de cinq mois par l’armée israélienne. Les premiers mots que le leader de l’autorité palestinienne, il les a prononcé pour dénoncer le « racisme » et le « fascisme » du Premier ministre israélien Ariel Sharon.
“Ce dernier a commis Sabra et Chatila, au Liban et il a recommencé ici », a-t-il ajouté en constatant les dégâts causés par l’armée israélienne dans la ville de Ramallah. Des dégâts matériels et humains qui n’ont épargné aucune ville palestinienne de la Cisjordanie.
Certes, Yasser Arafat sort plus que jamais populaire de cette épreuve, mais quel est maintenant sa marge de manoeuvre ? A-t-il les moyens de faire face à l’arrogance israélienne ? En fait, Arafat ne sait pas vraiment s’il est libre car à tout moment Ariel Sharon peut en faire de nouveau un reclus et même un exilé. Yasser Arafat n’est plus que le chef d’une autorité palestinienne dont l’infrastructure et les symboles ont été complètement détruits.
Vu l’étendue des ruines occasionnées par l’armée de Sharon le barbare, il doit s’atteler à tout reconstruire en trouvant les fonds nécessaires auprès des pays donateurs. Ce n’est pas le plus difficile. Ce qui l’est par contre c’est de ressusciter un processus de paix enterrée par les sionistes de Tel-Aviv. Une mission presque impossible à moins que la communauté internationale, les Etats-Unis, ne reviennent à de meilleurs sentiments à l’égard de la cause palestinienne et de ses dirigeants en faisant pression sur le gouvernement israélien pour reprendre les pourparlers.
Or, on a vu ces derniers mois comment Ariel Sharon a nargué le monde entier y compris l’ONU avec la complicité du président Georges Bush.
Le tueur de Sabra et Chatila, comme s’il était au-dessus des lois, continue toujours d’assiéger et de massacrer les Palestiniens dans l’indifférence générale. Puisque Ariel Sharon a apparemment atteint son objectif, affaiblir l’autorité palestinienne et son représentant, il lui faut bien un interlocuteur.
S’il s’obstine à refuser de négocier avec cette dernière sous prétexte que son leader est un terroriste, il doit se résoudre à affronter le pire, la résistance par tous les moyens du peuple palestinien. Ce ne sont pas les chars qui vont faire taire la voix d’un peuple opprimé. Une nouvelle lutte commence…

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