Et si l’Algérie coupait ses flux de carburant?

Actuellement en Algérie, une petite crise de carburant s’annonce et ses conséquences n’ont pas tardé à se sentir sur les zones frontalières. En effet, et pour cause d’entretien, les raffineries d’Arzew et d’Alger ont été fermées. Cette décision qui a été prise sans prendre au préalable des mesures pour assurer l’approvisionnement des wilayas en essence et huiles automobiles, a fait en sorte que les « Hallabas » (vendeurs de carburants au marché noir) trouvent des difficultés à s’approvisionner. Cette situation a engendré à la fin de décembre 2011, début janvier 2012 et jusqu’à l’heure actuelle une hausse de 100% du prix initialement vendu que ça soit de l’essence (240 DH/30 litres) ou gazoil. Ce qu’il faut savoir c’est que, les stations-service dans ses régions ayant fait faillite, la majorité du parc automobile ainsi que les engins agricoles s’alimentent du carburant algérien. A ce titre, l’Observatoire de la contrebande au niveau de la Chambre de commerce à Oujda lance une alerte et appelle l’Etat à prévenir une paralysie de la région : «Les flux de carburant vendus en contrebande peuvent être coupés à tout moment. Ainsi, l’alimentation d’un stock stratégique de carburant national au niveau de l’Oriental s’avère nécessaire».

Ce qu’on reçoit..
La liste des produits étalés dans les villes frontalières ne se limite pas simplement aux produits agroalimentaires. Ce phénomène touche toute une panoplie d’articles allant des produits pharmaceutiques et autres cosmétiques aux pie ces de rechange auto et pneumatiques
neuves en passant par le prêt- a - porter et le textile, électroménager, le matériel électrique, la quincaillerie, la peinture, le sanitaire et autres matériaux de construction comme le rond a  béton ou le ciment. A côté de cela, il y a les cigarettes «made in Algeria» qui détrônent celles de la contrebande U.S et espagnoles. Aussi, chaque année à l’approche de la fête d’Al Adha, la contrebande de bétail prospe re aux frontie res algéro-marocaines. Ce bétail est souvent volé et quoiqu’il n’y ait aucune garantie qu’il soit sanitairement indemne, il est très prisé du fait de la baisse de son prix. Par ailleurs,
si dans le nord ce cheptel fait l’objet de contrebande, dans le sud par contre, ce sont les commerçants clandestins du dromadaire qui font fortune. Ce dernier est acheté au Mali ou en Mauritanie contre la modeste somme de 1000 à 3000 dirhams pour se vendre par la suite dans les provinces du sud à un prix qui s’élève à 15 mille dirhams (Voir article page 6). A bien contempler cette liste, au Maroc, tout fait l’objet de contrebande.

Et en contrepartie..
Le Maroc ne fait pas que consommer des produits provenant de la contrebande, il existe bien un flux contraire mais il faut dire qu’il reste très modeste.  L’Algérie qui nous livre toute catégorie imaginable de produits, a un engouement pour les produits agricoles marocains. Sur les frontières, le trafic des fruits et légumes est très développé. Parallèlement à cela, les conserves, le sucre, les épices et les produits textiles marocains (habits traditionnels marocains, les pantalons jeans) connaissent une forte demande.  Pour ce qui est des médicaments, sa contrebande concerne essentiellement les pilules subventionnées par l’Etat marocain et qui se vendent donc à prix moins cher en Algérie.  Quant aux drogues, que ce soit pour nos voisins du nord ou ceux du sud, le trafic du cannabis marocain figure en tête.

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