Et si le Maroc était le vrai gagnant du bras de fer nommé Aminatou Haidar?

Et si le Maroc était le vrai gagnant du bras de fer nommé Aminatou Haidar?

Aminatou Haidar est chez elle à Laâyoune depuis plus de trois semaines. Elle est confortablement installée dans la maison qu’elle a pu se procurer grâce aux indemnités qu’elle a perçues de la part de l’Instance équité et réconciliation (IER) et qu’elle a luxueusement meublée grâce aux honoraires et aux indemnités de déplacement qu’elle ne cesse de toucher à chaque fois qu’elle fait une tournée internationale pour défendre le séparatisme polisarien. Depuis qu’elle est rentrée, elle ne cesse de recevoir des visiteurs notamment venant de l’étranger. Certains, pour lui manifester leur soutien ou juste pour s’enquérir de son état, et d’autres, bien sûr, pour lui passer de vive voix des instructions émanant d’Alger. Bref, elle est là, chez elle, dans son pays, qu’elle trahit, mais qui, lui, tolère, ce péché considérant qu’elle finira comme tant d’autres polisariens par se rendre compte de son égarement. De très grands séparatistes à travers le monde ont fini par changer d’avis. Angel Colom, qui était un grand leader de l’indépendantisme catalan en Espagne, n’a-t-il pas fini par se convertir dans le nationalisme modéré tout en jouant un rôle historique comme médiateur pour la dissolution du groupe terroriste indépendantiste (Terra Lliure) ? L’Histoire nous apprend que les idées changent et que les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés de demain. En tout cas, les centaines de cadres polisariens qui ont rallié la mère patrie ces vingt dernières années en attestent. Mais, le cas Aminatou Haidar reste toutefois une affaire assez particulière. Ayant été refoulée vers Lanzarote – selon sa version –, elle s’est transformée, en l’espace de quelques jours, en figure emblématique du «séparatisme de l’intérieur». Et, sur le plan national, elle est devenue la preuve de ce que d’aucuns considèrent comme «l’échec de la diplomatie marocaine». Pour beaucoup de chroniqueurs locaux, le Polisario gagne et le Maroc perd. Or, il s’agit de deux conclusions tirées très facilement, par naïveté politique dans certains cas, et par intérêt personnel dans d’autres. Pourtant, l’affaire mérite une analyse plus profonde ne serait-ce que pour la dimension internationale qu’elle a prise et la mobilisation nationale qu’elle a suscitée. Une telle analyse permettrait de répondre à une question simple et directe : «qu’est-ce que le Maroc a gagné, et qu’est-ce qu’il a perdu dans l’affaire Aminatou ?». Les esprits simplistes qui se sont acharnés sur la position marocaine au lendemain de l’annonce du retour d’Aminatou à Laâyoune considèrent que le Maroc a perdu la bataille car il a fini par céder à «la pression» et accepter le retour de Haidar. Or, qui ne savait pas que, tôt ou tard, il fallait qu’elle rentre au Maroc? Croire le contraire relève, sincèrement, de la naïveté politique. En fait, là où des analystes se sont trempés, c’est quand ils ont analysé l’affaire sous une focale diplomatique. Pour eux, le Maroc a expulsé Aminatou, sa diplomatie devait convaincre le monde entier de soutenir cette décision et le résultat devait être, selon cette manière de voir les choses, que la communauté internationale approuve la décision marocaine. Partant de cela, et le résultat n’ayant pas été conforme aux attentes, ils considèrent que la diplomatie marocaine a échoué. Maintenant, changeons de focale et regardons les choses autrement. Ce n’est pas la diplomatie qui est derrière le refoulement prétendu de Haidar. Cette décision supposée être préméditée n’est pas attribuable aux Affaires étrangères, elle relève d’autres services. Et partant de cela, on est censé analyser les choses autrement car les critères de réussite dans les services de renseignements diffèrent de ceux de la diplomatie. Vue sous cet angle, l’affaire Haidar permet de dégager plusieurs points en faveur du Maroc. D’abord, durant toute l’étape où la séparatiste se trouvait à Lanzarote, l’ensemble de la communauté internationale – celle dont le point de vue compte, évidemment – a reconnu, au moins, la «souveraineté administrative» du Maroc sur les provinces du Sud. Aucune puissance internationale n’a remis en cause, officiellement, le droit du Maroc à faire respecter la loi et les procédures en vigueur sur l’ensemble de son territoire. Les provinces du Sud ne sont pas un territoire colonisé, mais un territoire qui fait l’objet d’un conflit entre deux parties dont l’une a gagné la bataille politiquement et militairement, à savoir le Maroc et les Sahraouis unionistes. Et, de ce fait, le Maroc ne se trouve pas au Sahara en tant que colonisateur et, donc, il a le droit d’appliquer la loi nationale et les habitants du territoire ont l’obligation de la respecter. Aucune puissance internationale n’a dit le contraire. Le deuxième point à inscrire à l’actif du Maroc est la forte sensibilisation de la communauté internationale sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du processus de négociations sur l’autonomie qui constitue l’unique voie capable de mettre fin au conflit. Le tapage international engendré par cette affaire n’a pas uniquement servi le Polisario, mais il a, surtout, servi la piste marocaine qui consiste à doter ce territoire d’une autonomie élargie. L’ensemble des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont été appelés à s’exprimer sur cette affaire ont réitéré leur soutien au processus de négociations et leur appréciation de la proposition marocaine d’autonomie. Troisièmement, le Maroc a saisi cette occasion pour montrer, encore une fois, et pour les nouveaux leaders mondiaux qui viennent de prendre les commandes, son énorme capacité à mobiliser toutes ses composantes politiques et sociales à l’unisson sur l’affaire du Sahara. Un message clair pour ceux qui n’en avaient pas une idée précise sur le fait que les Marocains parlent d’une seule voix sur cette affaire et ce, même quand ils ne sont pas d’accord sur la nature de la démarche adoptée. Quatrièmement, l’affaire Haidar a permis au Maroc de montrer à ses adversaires une très grande confiance en soi. A travers cette affaire, il a pu envoyer un message de sérénité à ses ennemis conventionnels en leur disant qu’il est très confiant dans sa valeur géopolitique et qu’il peut compter pleinement sur la capacité de ses amis à être compréhensifs avec ses positions de principe. Et le résultat est là : aucune puissance internationale n’a haussé le ton contre le Maroc pour critiquer sa position sur l’affaire Haidar. Tous les messages étrangers étaient basés sur «la médiation pour des raisons humanitaires». Nos adversaires en ont certainement pris acte.
Comme ils ont certainement pris note aussi d’un message qui leur a été adressé par le Maroc à travers le dossier Aminatou, à savoir que le Royaume est capable de mettre fin à sa position de «main tendue» si la communauté internationale n’arrive pas à pousser le Polisario à s’engager dans des négociations sérieuses sur la base du plan d’autonomie. La patience du Royaume a des limites. L’annonce de l’enclenchement du processus de régionalisation lancé dernièrement par le Souverain en constitue un deuxième signal allant dans le même sens et que l’autre partie a certainement capté. Le sixième point en faveur du Maroc que l’on relève dans cette affaire est le fait que le Royaume ait donné la preuve concrètement à la communauté internationale de l’inexistence d’un vrai mouvement, structuré et significatif, de ce que l’on appelle le séparatisme de l’intérieur. Ceux que l’on appelle les séparatistes de l’intérieur ont été incapables de mobiliser la rue, dans les provinces du Sud dans l’affaire Haidar. Alors que l’occasion se prêtait à une démonstration de force de leur part étant donné qu’une répression sanglante était impossible puisque le regard du monde était fixé sur cette région. Ils n’ont rien pu organiser de tel. Ce que la communauté internationale a pu constater, c’est qu’ils ne constituent qu’une petite minorité. Septièmement, un message ferme a été adressé aux petites mains du séparatisme de l’intérieur en leur montrant que la patience des autorités a des limites et qu’il existe des lignes rouges à ne pas franchir. Aller jusqu’à prendre une telle position ferme à l’égard de l’une des principales vedettes de ce séparatisme dit de l’intérieur et qui venait à peine de recevoir un prix américain de la part d’un institut proche du parti démocrate au pouvoir, est une manière de leur dire qu’il existe des limites à la tolérance et que le Maroc, fort de la solidité de son front intérieur, n’aura certainement pas peur de sanctionner toute violation de ses lignes rouges. Mais, au-delà de ces aspects de politique nationale et internationale, analyser le cas Haidar ne peut se faire sans prendre en considération le volet Renseignement. Deux points en faveur du Maroc sont à inscrire sous cet aspect. D’abord, l’affaire Haidar a été le petit bout de fromage qui a fait sortir les rats de leurs trous. Pendant que les yeux étaient focalisés sur Aminatou en grève prétendue à l’aéroport de Lanzarote, les yeux des services marocains étaient, eux, braqués sur tous ceux qui bougeaient et faisient bouger les choses au profit de l’Algérie. Ils ont pu ainsi tester le taux de pénétration des réseaux polisariens dans l’espace européen tant sur le plan politique que civil et ils en ont certainement pu en tracer la carte en faisant sortir les agents de leurs planques. Le deuxième aspect est d’ordre évaluatif. Les services compétents du Royaume ont pu tester la capacité de la machine des services algériens à l’étranger, notamment dans l’espace européen, à réagir face au Maroc et pouvoir par la même occasion en identifier les soutiens et les réseaux. Le résultat a certainement montré qu’elle reste limitée à des lobbies droits-de-l’hommistes dont l’impact sur les politiques de leurs gouvernements respectifs reste très limité. En définitive à chaque chose, malheur est bon. Mais il ne faudrait pas que les dommages collatéraux de la démocratisation marocaine, par leurs excès, et leurs désordres, notamment en matière de liberté d’expression, fabriquent des victoires là où il n’y en a pas en réalité. Ou des défaites là où il n’y en a pas, non plus. Tout est dans la juste mesure et l’analyse équilibrée des évènements. Le problème du Maroc c’est quand l’agenda de quelques « trublions » locaux, mus par des raisons mercantiles, convergent avec l’agenda de ses adversaires. Cela devient un facteur aggravant. Aminatou Haidar est chez elle à Laâyoune depuis plus de trois semaines. Elle est confortablement installée dans la maison qu’elle a pu se procurer grâce aux indemnités qu’elle a perçues de la part de l’Instance équité et réconciliation (IER) et qu’elle a luxueusement meublée grâce aux honoraires et aux indemnités de déplacement qu’elle ne cesse de toucher à chaque fois qu’elle fait une tournée internationale pour défendre le séparatisme polisarien.
Depuis qu’elle est rentrée, elle ne cesse de recevoir des visiteurs notamment venant de l’étranger. Certains, pour lui manifester leur soutien ou juste pour s’enquérir de son état, et d’autres, bien sûr, pour lui passer de vive voix des instructions émanant d’Alger. Bref, elle est là, chez elle, dans son pays, qu’elle trahit, mais qui, lui, tolère, ce péché considérant qu’elle finira comme tant d’autres polisariens par se rendre compte de son égarement. De très grands séparatistes à travers le monde ont fini par changer d’avis. Angel Colom, qui était un grand leader de l’indépendantisme catalan en Espagne, n’a-t-il pas fini par se convertir dans le nationalisme modéré tout en jouant un rôle historique comme médiateur pour la dissolution du groupe terroriste indépendantiste (Terra Lliure) ? L’Histoire nous apprend que les idées changent et que les ennemis d’hier peuvent devenir les alliés de demain. En tout cas, les centaines de cadres polisariens qui ont rallié la mère patrie ces vingt dernières années en attestent.
Mais, le cas Aminatou Haidar reste toutefois une affaire assez particulière. Ayant été refoulée vers Lanzarote – selon sa version –, elle s’est transformée, en l’espace de quelques jours, en figure emblématique du «séparatisme de l’intérieur». Et, sur le plan national, elle est devenue la preuve de ce que d’aucuns considèrent comme «l’échec de la diplomatie marocaine». Pour beaucoup de chroniqueurs locaux, le Polisario gagne et le Maroc perd. Or, il s’agit de deux conclusions tirées très facilement, par naïveté politique dans certains cas, et par intérêt personnel dans d’autres.
Pourtant, l’affaire mérite une analyse plus profonde ne serait-ce que pour la dimension internationale qu’elle a prise et la mobilisation nationale qu’elle a suscitée. Une telle analyse permettrait de répondre à une question simple et directe : «qu’est-ce que le Maroc a gagné, et qu’est-ce qu’il a perdu dans l’affaire Aminatou ?».
Les esprits simplistes qui se sont acharnés sur la position marocaine au lendemain de l’annonce du retour d’Aminatou à Laâyoune considèrent que le Maroc a perdu la bataille car il a fini par céder à «la pression» et accepter le retour de Haidar. Or, qui ne savait pas que, tôt ou tard, il fallait qu’elle rentre au Maroc? Croire le contraire relève, sincèrement, de la naïveté politique. En fait, là où des analystes se sont trempés, c’est quand ils ont analysé l’affaire sous une focale diplomatique. Pour eux, le Maroc a expulsé Aminatou, sa diplomatie devait convaincre le monde entier de soutenir cette décision et le résultat devait être, selon cette manière de voir les choses, que la communauté internationale approuve la décision marocaine. Partant de cela, et le résultat n’ayant pas été conforme aux attentes, ils considèrent que la diplomatie marocaine a échoué.
Maintenant, changeons de focale et regardons les choses autrement. Ce n’est pas la diplomatie qui est derrière le refoulement prétendu de Haidar. Cette décision supposée être préméditée, n’est pas attribuable aux Affaires étrangères, elle relève d’autres services. Et partant de cela, on est censé analyser les choses autrement car les critères de réussite dans les services de renseignements diffèrent de ceux de la diplomatie. Vue sous cet angle, l’affaire Haidar permet de dégager plusieurs points en faveur du Maroc.
D’abord, durant toute l’étape où la séparatiste se trouvait à Lanzarote, l’ensemble de la communauté internationale – celle dont le point de vue compte, évidemment – a reconnu, au moins, la «souveraineté administrative» du Maroc sur les provinces du Sud. Aucune puissance internationale n’a remis en cause, officiellement, le droit du Maroc à faire respecter la loi et les procédures en vigueur sur l’ensemble de son territoire. Les provinces du Sud ne sont pas un territoire colonisé, mais un territoire qui fait l’objet d’un conflit entre deux parties dont l’une a gagné la bataille politiquement et militairement, à savoir le Maroc et les Sahraouis unionistes. Et, de ce fait, le Maroc ne se trouve pas au Sahara en tant que colonisateur et, donc, il a le droit d’appliquer la loi nationale et les habitants du territoire ont l’obligation de la respecter. Aucune puissance internationale n’a dit le contraire. Le deuxième point à inscrire à l’actif du Maroc est la forte sensibilisation de la communauté internationale sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre du processus de négociations sur l’autonomie qui constitue l’unique voie capable de mettre fin au conflit. Le tapage international engendré par cette affaire n’a pas uniquement servi le Polisario, mais il a, surtout, servi la piste marocaine qui consiste à doter ce territoire d’une autonomie élargie. L’ensemble des pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui ont été appelés à s’exprimer sur cette affaire ont réitéré leur soutien au processus de négociations et leur appréciation de la proposition marocaine d’autonomie.
Troisièmement, le Maroc a saisi cette occasion pour montrer, encore une fois, et pour les nouveaux leaders mondiaux qui viennent de prendre les commandes, son énorme capacité à mobiliser toutes ses composantes politiques et sociales à l’unisson sur l’affaire du Sahara. Un message clair pour ceux qui n’en avaient pas une idée précise sur le fait que les Marocains parlent d’une seule voix sur cette affaire et ce, même quand ils ne sont pas d’accord sur la nature de la démarche adoptée.
Quatrièmement, l’affaire Haidar a permis au Maroc de montrer à ses adversaires une très grande confiance en soi. A travers cette affaire, il a pu envoyer un message de sérénité à ses ennemis conventionnels en leur disant qu’il est très confiant dans sa valeur géopolitique et qu’il peut compter pleinement sur la capacité de ses amis à être compréhensifs avec ses positions de principe. Et le résultat est là : aucune puissance internationale n’a haussé le ton contre le Maroc pour critiquer sa position sur l’affaire Haidar. Tous les messages étrangers étaient basés sur «la médiation pour des raisons humanitaires». Nos adversaires en ont certainement pris acte. Comme ils ont certainement pris note aussi d’un message qui leur a été adressé par le Maroc à travers le dossier Aminatou, à savoir que le Royaume est capable de mettre fin à sa position de «main tendue» si la communauté internationale n’arrive pas à pousser le Polisario à s’engager dans des négociations sérieuses sur la base du plan d’autonomie. La patience du Royaume a des limites. L’annonce de l’enclenchement du processus de régionalisation lancé dernièrement par le Souverain en constitue un deuxième signal allant dans le même sens et que l’autre partie a certainement capté. Le sixième point en faveur du Maroc que l’on relève dans cette affaire est le fait que le Royaume ait donné la preuve concrètement à la communauté internationale de l’inexistence d’un vrai mouvement, structuré et significatif, de ce que l’on appelle le séparatisme de l’intérieur. Ceux que l’on appelle les séparatistes de l’intérieur ont été incapables de mobiliser la rue, dans les provinces du Sud dans l’affaire Haidar. Alors que l’occasion se prêtait à une démonstration de force de leur part étant donné qu’une répression sanglante était impossible puisque le regard du monde était fixé sur cette région. Ils n’ont rien pu organiser de tel. Ce que la communauté internationale a pu constater, c’est qu’ils ne constituent qu’une petite minorité. Septièmement, un message ferme a été adressé aux petites mains du séparatisme de l’intérieur en leur montrant que la patience des autorités a des limites et qu’il existe des lignes rouges à ne pas franchir. Aller jusqu’à prendre une telle position ferme à l’égard de l’une des principales vedettes de ce séparatisme dit de l’intérieur et qui venait à peine de recevoir un prix américain de la part d’un institut proche du parti démocrate au pouvoir, est une manière de leur dire qu’il existe des limites à la tolérance et que le Maroc, fort de la solidité de son front intérieur, n’aura certainement pas peur de sanctionner toute violation de ses lignes rouges. Mais, au-delà de ces aspects de politique nationale et internationale, analyser le cas Haidar ne peut se faire sans prendre en considération le volet Renseignement. Deux points en faveur du Maroc sont à inscrire sous cet aspect. D’abord, l’affaire Haidar a été le petit bout de fromage qui a fait sortir les rats de leurs trous. Pendant que les yeux étaient focalisés sur Aminatou en grève prétendue à l’aéroport de Lanzarote, les yeux des services marocains étaient, eux, braqués sur tous ceux qui bougeaient et faisient bouger les choses au profit de l’Algérie. Ils ont pu ainsi tester le taux de pénétration des réseaux polisariens dans l’espace européen tant sur le plan politique que civil et ils en ont certainement pu en tracer la carte en faisant sortir les agents de leurs planques. Le deuxième aspect est d’ordre évaluatif. Les services compétents du Royaume ont pu tester la capacité de la machine des services algériens à l’étranger, notamment dans l’espace européen, à réagir face au Maroc et pouvoir par la même occasion en identifier les soutiens et les réseaux. Le résultat a certainement montré qu’elle reste limitée à des lobbies droits-de-l’hommistes dont l’impact sur les politiques de leurs gouvernements respectifs reste très limité. En définitive à chaque chose, malheur est bon. Mais il ne faudrait pas que les dommages collatéraux de la démocratisation marocaine, par leurs excès, et leurs désordres, notamment en matière de liberté d’expression, fabriquent des victoires là où il n’y en a pas en réalité. Ou des défaites là où il n’y en a pas, non plus. Tout est dans la juste mesure et l’analyse équilibrée des évènements. Le problème du Maroc c’est quand l’agenda de quelques « trublions » locaux, mus par des raisons mercantiles, convergent avec l’agenda de ses adversaires. Cela devient un facteur aggravant.

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