Établissements publics : Le tracé de Boussaid

Il est indéniable que Mohamed Boussaid, l’actuel ministre de la Modernisation de la fonction publique, a marqué de son sceau son passage à la tête de la Direction des Etablissements et Entreprises publics (DEEP). Son ère a vu le renforcement de la bonne gouvernance des ces établissements. D’ailleurs, depuis son départ, personne n’entend parler de la DEPP, encore moins de ses réalisations. Son successeur, Abdelaziz Talbi, cultive la discrétion.
Contacté par ALM, le patron des entreprises publiques n’a pas donné suite à notre appel. Reste à espérer que les chantiers lancés par Boussaid seront menés à bon port. Le grand acquis est assurément le renforcement de l’intervention des Pouvoirs publics en matière de gestion et de contrôle EEP.
Ainsi, les années 2002 et 2003 ont été marquées par l’adoption de la loi n° 69-00 relative à la réforme du contrôle financier de l’Etat sur les entreprises publiques et autres organismes. Aussi, pour la première fois au Maroc, la contractualisation des rapports entre l’Etat et les EEP est devenue une réalité. Pendant ces années, d’autres mesures plus importantes ont été prises, à savoir, le développement d’une politique d’anticipation des risques basée sur le recours programmé aux audits des EEP, la mise en place d’un nouveau système d’information pour le suivi de ces organismes et la conception d’un outil moderne de pilotage du portefeuille public. Cette panoplie de mesures vise à permettre à l’Etat de gérer convenablement les entreprises publiques eu égard à ses multiples rôles d’actionnaire, de contrôleur, de régulateur, de tuteur et de garant du bon fonctionnement des services publics.
Au point de vue organisationnel, les actions ainsi menées ont été accompagnées, au niveau du Ministère des Finances et de la Privatisation, par une réorganisation concrétisée par l’intégration de l’ex-Direction de la Privatisation à la DEPP dorénavant dénommée Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation ; l’objectif étant la rationalisation de l’organisation administrative et le développement d’une vision intégrée de la gestion du portefeuille public.Ces changements dans les modes de gestion et de contrôle des EEP visent également l’amélioration de la contribution de ces organismes, qu’elle soit économique (valeur ajoutée, investissement), sociale (emploi, programmes spécifiques, actions citoyennes) ou financière (transferts au budget général de l’Etat, contribution fiscale, recettes de la privatisation), et ce conformément au Programme gouvernemental de novembre 2002 qui leur a assigné des objectifs ambitieux en matière de développement économique et social.
Ainsi, l’intervention des EEP a été particulièrement intensifiée dans les domaines de la formation et de la promotion de l’emploi, de l’habitat social, de la santé, du développement rural, du renforcement et de la modernisation des grands réseaux d’infrastructure ainsi que ceux de la mise à niveau de l’économie et de la promotion de l’investissement et des exportations. De même, les actions ont été dynamisées en matière de restructurations, de libéralisations et de refontes institutionnelles, d’accélération du programme de privatisation et de contractualisation des rapports entre l’Etat et les EEP.
Reste à espérer que la feuille de route tracée notamment pars Mohamed Boussaid ne deviendra pas une feuille morte. Certaines réticences, notamment dans les secteurs des transports et des ports, doivent être gagnées. Il y va de la vie de pans entiers de l’économie. En tout, le gâchis a atteint le summum !

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