États-Unis : un Marocain risque 65 ans de prison pour soutien à Al Qaïda

Khaled Ouazzani, d’origine marocaine et naturalisé américain, avoue avoir soutenu Al Qaïda. Il s’agit d’un revendeur de voitures d’occasion de Kansas City, dans le Missouri. Le ministère américain de la Justice a annoncé, mercredi 19 mai, dans un communiqué, que Khaled Ouazzani, âgé de 32 ans, a plaidé coupable de soutien matériel au terrorisme en fournissant à Al Qaïda «au moins 23.000 dollars». Il risque, ainsi, jusqu’à 65 ans de prison ferme. D’après l’agence AFP, M. Ouazzani a été arrêté le 8 février 2010 et a été présenté, à huis clos, à un juge fédéral le lendemain puis placé depuis en détention. Selon le ministère de la Justice, Khaled Ouazzani, qui a reconnu avoir comploté pour fournir un soutien matériel au réseau d’Oussama ben Laden entre août 2007 et février 2010, a fait allégeance à Al Qaïda en juin 2008. L’homme discutait, outre l’aide financière, selon la même source, «avec d’autres personnes de différents moyens d’aider Al Qaïda, dont des stratégies pour combattre en Afghanistan, en Irak ou en Somalie». M. Ouazzani a également plaidé coupable de fraude bancaire et de blanchiment d’argent devant un juge fédéral de Kansas City, dans le Missouri. «D’après les aveux qu’il a signés dans sa procédure de plaider coupable, l’homme avait contracté en avril 2007 un emprunt de 175.000 dollars auprès d’Union Bank pour financer son entreprise de vente au détail de pièces détachées de voitures», ajoute le communiqué du département de la Justice qui cite le texte de l’accord de plaider coupable. La même source précise, en outre, que l’intéressé «a présenté de fausses informations sur lui-même et sur son entreprise et a utilisé au moins une partie des actifs prêtés pour un usage autre que son affaire». En mai 2007, Khaled Ouazzani a transféré, ajoute le communiqué, plus de 112.000 dollars de son compte américain vers un compte à Dubaï, somme provenant directement de son emprunt avec laquelle il a acheté un appartement. M. Ouazzani a reconnu, en août 2007, toujours selon l’accord, avoir fait un premier don de 6.500 dollars à Al Qaïda par l’intermédiaire d’une autre personne qu’il a remboursée trois mois plus tard par un virement sur son compte aux Emirats Arabes Unis. «Les 6.500 dollars provenaient de la vente de son entreprise», selon la même source. Près d’un an plus tard, en juin 2008, après avoir revendu l’appartement de Dubaï, il a envoyé à Al Qaïda 17.000 dollars, l’équivalent de la plus-value réalisée. Le plaider coupable, procédure de reconnaissance préalable de culpabilité, permet, selon la procédure pénale américaine, à l’accusé qui reconnaîtrait les faits qui lui sont reprochés d’accepter la sanction proposée par le Parquet et d’éviter ainsi un procès.

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