Événement : Fonction de cabinard : Les «plus» et les «moins»

L’un des aspects les plus « valorisants » de la fonction de cabinard –du moins au yeux des autres – est d’être considéré comme un proche du ministre. Et à ce titre, on lui prête un pouvoir et une influence qu’il n’a souvent pas. Il devient très vite l’objet de sollicitation, vu sa situation de proximité avec le patron du département, qu’il voit tous les jours, et avec lequel on le voit redescendre de temps à autre l’escalier du ministère.
Dans la famille, c’est la fierté. La maman est heureuse de sortir à chaque détour de phrase que son rejeton est « un homme important, qui a toute la confiance du ministre, qui y tient comme à la prunelle de ses yeux ».
De son côté, le père adopte des airs entendus dans ses propos, quand on évoque le département dans lequel travaille son rejeton. Et dès que quelqu’un se permet la moindre remarque jugée irrévérencieuse, il se fait rapidement rappeler à l’ordre. « Tu ne peux pas connaître ce domaine mieux que moi ! ça tu le sais très bien ! ». Les anciens copains se rappellent à son bon souvenir, la plupart du temps pour lui demander des faveurs, ou pour simplement lui glisser le CV d’une cousine ou du proche parent de la voisine. Lui, qui vient d’être affecté au poste, promet vaguement qu’il verra ce qu’il peut faire et qu’il faut attendre que les choses se mettent en place. Ceci pour le côté face. Côté pile, le cabinard doit faire preuve d’une disponibilité de tous les instants. Se déplaçant avec son patron, il doit avoir ou trouver une réponse rapide à toutes les questions que pourrait lui poser celui-ci. Et même en réunions. Et il peut arriver que ces questions soient embarrassantes car ne relevant pas toujours de sa (ou des ses) compétences. Et ce, quelquefois, à la grande joie d’un autre cabinard qui ne supporte pas de voir que le ministre l’a « à la bonne ».
Toujours dans le cadre de la disponibilité, il doit précéder son patron au ministère et lui préparer toutes les fiches et autres dossiers, pour n’en ressortir qu’après lui, et qu’après avoir fait le tour du propriétaire. C’est à dire qu’après avoir épluché ou lu en diagonale les derniers dossiers, ou fait une synthèse. Mais ce n’est pas le pire. Car, chez une partie des autres fonctionnaires, il est considéré comme les yeux et les oreilles du ministre.
Et puis, il gagne beaucoup plus qu’un simple fonctionnaire, qui trimera pendant des années sans jamais atteindre les émoluments de ce cabinard, «parachuté, débarqué d’on ne sait où et arrogant ». Et dont on se méfiera pendant longtemps, avant, finalement soit de se dire que la première impression était la bonne. Soit de se dire que l’on avait été bien sévère avec ce bon bougre, qui ne fait que trimer pour gagner sa vie convenablement.

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